23 mai 2015

Réédition du roman Au rendez-vous des courtisans glacés et prévente des Six Brumes

Voila déjà plus de dix ans, la Veuve noire éditrice publiait mon thriller fantastique Au rendez-vous des courtisans glacés. J'étais certes heureux de voir paraître ce roman sur lequel j'avais beaucoup travaillé, mais l'ouvrage vit le jour dans une version abrégée. Un chapitre complet avait notamment été retiré à la demande de l'éditrice. L'ouvrage bénéficia cependant d'un bon tirage et fut adéquatement diffusé. 

En 2011, la Veuve noire éditrice cessait ses activités. Mes romans qui parurent sous sa bannière (au nombre de quatre) sont maintenant indisponibles depuis près de cinq ans (Dernier train pour Noireterre, Au rendez-vous des courtisans glacés, L'Île des cigognes fanées, La nuit soupire quand elle s'arrête). J'ai un regret particulier pour le dernier d'entre eux, livre qui fut mal diffusé à cause d'un changement de distributeur. Je me souviens d'amis qui tâchaient en vain de l'obtenir par l'entremise de leur libraire.
Entre-temps, Jonathan Reynolds, l'un des deux responsables des Éditions Les Six Brumes (et également auteur), eut l'idée de fonder une collection dont l'objectif consiste à rééditer des oeuvres devenues indisponibles : "Brumes de légende". Un recueil de nouvelles de Daniel Sernine y fut publié (Petits démons), ainsi que l'anthologie Dix ans d'éternité, soulignant, comme son titre l'indique, le dixième anniversaire de la revue Brins d'éternité.

Ces temps-ci, les médias et autres réseaux sociaux font fréquemment état de la crise que traverse le milieu du livre. Même en France, la situation n'est guère facile, ce qu'ont souvent évoqué des spécialistes du domaine au cours des dernières années, par exemple Jean-Pierre Dionnet, l'un des fondateurs de Métal hurlant, actif dans le milieu littéraire depuis plusieurs décennies. 
Parmi les dommages collatéraux, Les Six Brumes ont vu leur distributeur (Prologue) refuser de distribuer et de diffuser leurs titres à compter de juin 2015. L'éditeur se retrouve donc (pour l'instant) sans réseau de distribution. Là où certains auraient baissé les bras, les fondateurs, Jonathan Reynolds et Guillaume Houle, ont choisi de persévérer. 

L'initiative des Six Brumes mérite d'être soutenue et encouragée. Une prévente a lieu en ce moment ; elle permet de se procurer les prochaines parutions des Six Brumes :

- La réédition complète d'Au rendez-vous des courtisans glacés ;
- La réédition du recueil de nouvelles fantastiques L'Arracheur de rêves (version revue et augmentée par l'auteur, Pierre-Luc Lafrance) ;
- La réédition d'Alégracia (version revue et corrigée du roman de fantasy signé Dominic Bellavance) ;
- Le récit d'horreur Apparitions (de Chloé et Audrey Couture) ;
- Un projet de diffusion numérique de la science-fiction et du fantastique québécois : La République du Centaure (sous la direction d'Alain Ducharme).

Les lecteurs intéressés à soutenir l'initiative des Six Brumes et à se procurer l'un ou plusieurs des ouvrages en question pourront le faire en suivant ce lien.

J'aurai l'occasion de reparler de cette réédition sur ce blogue, notamment quand viendra le temps d'en dévoiler la page couverture. 

À bientôt, et merci d'avoir visité ce blogue.





29 mars 2015

Quand s'éteindra la dernière chandelle

Quelques nouvelles au sujet de mes dernières publications pour les lecteurs et lectrices qui désireraient en savoir davantage.

Mon dernier roman, Quand s'éteindra la dernière chandelle, vient tout juste de paraître chez Rivière Blanche, sous une couverture flamboyante de Mary Khaos. J'ai longtemps songé à cette histoire avant de l'écrire. Le point de départ est simple : que pourrait-il arriver à un homme qui souhaite que les ténèbres envahissent sa vie ?

Rivière Blanche est mon éditeur français favori, et ce, depuis plusieurs années. C'est donc un honneur pour moi de voir mon roman figurer au sein d'une collection de romans fantastiques qui a accueilli des écrivains comme André Ruellan, Anne Duguël, Gilles Bergal et bien d'autres. Le catalogue de Rivière Blanche regorge de surprises et de livres à découvrir. Remercions Philippe Ward et Jean-Marc Lofficier de faire exister ce projet depuis plus de dix ans en leur souhaitant (et en nous souhaitant) encore de nombreuses parutions.

Aux lecteurs québécois ou canadiens qui souhaiteraient se procurer ce livre en librairie : l'éditeur n'est pas distribué au Canada. Par ailleurs, en raison de pertes postales multiples, Rivière Blanche n'envoie plus de paquets au Canada. Il est sans doute possible de prendre une entente à ce sujet en contactant directement l'équipe de RB. Pour ma part, j'aurai prochainement un certain nombre d'exemplaires (limités) à ma disposition. Les gens qui souhaitent se procurer l'ouvrage sont invités à communiquer avec moi. Un extrait du premier chapitre est disponible en téléchargement gratuit ici. Le livre contient également trois nouvelles fantastiques.

Au chapitre des autres parutions à venir, une longue nouvelle dans Solaris 194, laquelle m'a demandé pas mal de recherches (l'action se déroule pendant la préhistoire) et deux nouvelles insolites dans des revues de littérature générale. Comme celles-ci n'ont pas encore été officiellement annoncées, je me contenterai de dévoiler les titres des récits en question : "Et ton coeur noir s'arrêtera" et "Jésabelle et les ruines fossilisées".

Entretemps, les amateurs de cinéma populaire européen auront peut-être la curiosité de lire un long article que j'ai consacré à la relation professionnelle qu'entretinrent le réalisateur espagnol Jess Franco et le producteur Harry Alan Towers dans le dernier numéro (monumental : 200 pages !) de l'impressionnant fanzine français Médusa (dont le sommaire est colossal : la musique des gialli passée au crible, un portfolio du comédien Herbert Fux, un entretien avec Claudio Simonetti, claviériste de Goblin, mais aussi avec le cinéaste Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust), le comédien Jack Taylor et le réalisateur Radley Metzger... Le tout en couleurs !).

En vous souhaitant un excellent printemps 2015, je vous remercie d'avoir pris le temps de visiter mon blogue.



10 novembre 2014

Nouvelles d'automne


Je profite de la fin d’année qui approche (déjà) pour mettre ce blogue à jour en faisant le point sur les parutions des mois derniers et en annonçant quelques nouveautés à venir.

Depuis la dernière entrée (juillet), le temps consacré à la création s’est raréfié considérablement. J’ai donc dû interrompre un long projet sur lequel je travaillais depuis janvier. L’ampleur et la complexité du récit en cause ne m’auront pas permis de le terminer avant la rentrée. Espérons pouvoir finir un jour ce roman éclaté consacré à l’étonnante demeure que lègue à son neveu un oncle particulièrement fantasque. 

Cet automne, deux projets musicaux ont vu le jour. Tout d’abord, l’album Red Games of the Headless Dolls, enregistré par Carfax Asylum. C’est un projet studio fondé en 1994 avec mon ami Pierre Héroux, guitariste et technicien de son aussi polyvalent que talentueux. Les influences sont diverses, allant de la musique de films des années 60-70 au jazz, au hard rock, au psychédélisme, au gothisme et même à des formes musicales avant-gardistes (l’une des influences majeures de Pierre est celle du musicien Frank Zappa). Cet album réunit des morceaux enregistrés entre 1998 et 2014, dont trois pièces chantées.

C’est le label Fangoria Musick qui en assure la vente et la distribution, via sa plateforme. Il va sans dire que cette association avec le légendaire périodique Fangoria m’a rappelé bien des souvenirs. Je lisais déjà la revue alors que j’étais élève à l’école secondaire. Fondée en 1979, cette publication existe toujours, malgré la crise qui secoue la presse papier.
 
Ensuite, toujours dans le domaine musical, le dernier album du trio Jardin Mécanique est paru récemment : La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, épisode 2. J’ai eu l’occasion de collaborer de très près avec Jardin Mécanique en 2007, alors que je faisais partie du groupe. Le nom « Jardin Mécanique » a même été trouvé lors d’une réunion qui s’est tenue cette année-là dans l’intrigante Maison au fond de l’impasse. Entre autres souvenirs, je me rappelle en particulier d’un spectacle donné à l’Halloween… 
J’ai dû quitter le groupe au début de 2008, car mon emploi du temps chargé rendait ma participation au projet problématique, compte tenu de son ampleur et de l’éloignement géographique. N’empêche : ce deuxième opus prouve plus que jamais l’étonnante créativité de ce groupe à nul autre pareil dans le paysage musical du Québec. Les textes sont particulièrement soignés, la musique est aussi complexe qu’ambitieuse, et l’album mérite d’être découvert. On m’y entend comme pianiste dans « Les coiffeurs de cerveaux ».
Au chapitre journalistique, j’ai eu le plaisir de collaborer de nouveau avec l’ami David Didelot, cette fois dans le cadre de son fanzine, Vidéotopsie. Rappelons que David est le coordonnateur de l’ouvrage Gore, dissection d’une collection. Son dernier zine, que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire au moment d’écrire cette entrée, aborde une foule de sujets consacrés au cinéma populaire européen. J’y signe trois chroniques : sur Jess Franco, sur un giallo peu connu et sur ce qu’il est permis de considérer comme le premier polar québécois : Le Grand Rock, étonnant film noir rural.
C’est en 2013 que mon ami de longue date Simon Laperrière, notamment programmateur à Fantasia, m’a approché à propos d’un projet qui lui tenait à cœur : un livre de référence consacré à l’émission télévisée Bleu Nuit, qui fit beaucoup parler d’elle entre 1986 et 2007.

C’était assurément une idée originale de consacrer un ouvrage cette émission culte qui fut diffusée pendant une vingtaine d’années à TQS. Les responsables de l’ouvrage, Éric Falardeau et Simon Laperrière, ont su lui conférer une diversité appréciable qui en rend la lecture stimulante. À cette variété d’approches, de styles et de genres correspond une iconographie parfois ludique, parfois informative, mais toujours juste. Dessins et bandes dessinées côtoient reproductions d’affiches d’époque et photos promotionnelles sans jamais être envahissants. Au contraire, ces atouts visuels dialoguent avec le texte, dont ils assurent la continuité et dont ils prennent parfois même le contre-pied.

À l’actif du projet, on doit signaler la grande diversité des plumes rassemblées dans ce livre qui compte plus 300 pages. Littéraires côtoient notamment philosophes, écrivains, spécialistes du cinéma et chercheurs. De même, les fictions ou récits qui ponctuent l’ouvrage contribuent à le dynamiser et à proposer une expérience de lecture rafraîchissante. Le « phénomène Bleu Nuit » est, quant à lui, abordé sous plusieurs angles : entrevues significatives, critiques de films, témoignages, présentation de figures importantes du genre, réflexions sur l’érotisme, ses incarnations et son rapport au spectateur au fil des époques, etc. S’il est permis de ne pas toujours partager les opinions de certains rédacteurs, la lecture de leurs textes ne laisse pas indifférent et porte à réfléchir. 

Fait à signaler, une touche d’humour bien dosée est la bienvenue, notamment dans l’excellent texte d’introduction que signent Laperrière et Falardeau, « Quand vient la nuit ». Ils y évoquent entre autres quelques singularités liées à l’ « expérience Bleu Nuit », comme ces avertissements qui précédaient les films diffusés, parfois lus par « une femme adoptant un ton de maîtresse d’école méprisante » ou la conséquence de ces visionnements : pouvoir revendiquer, dans la cour d’école, sa fierté de ne plus être un « puceau de l’image ». N’oublions pas le zapping intempestif que pouvaient susciter les temps morts de l’émission ! En bref, l’ouvrage est recommandé aux nostalgiques, mais aussi aux cinéphiles en général, puisque, au-delà des qualités que nous avons mentionnées, il aborde des genres qui dépassent le cadre de l’érotisme, comme le thriller, la comédie désolante et qu’il contient un scénario inédit de Jean-François Rivard, réalisateur de Série Noire.
Ma collaboration à l’ouvrage se présente sous la forme d’un article consacré au réalisateur italien Lucio Fulci. Surtout connu pour ses films d’horreur métaphysiques, l’homme s’était aussi distingué dans divers genres, comme le western à l’italienne et la comédie. Son approche expérimentale et sa déconstruction du genre « fantastique » m’ont toujours intrigué, et mon article s’attarde notamment à cette facette de son travail. Faut-il assagir les poètes macabres ?

Enfin, c’est avec bonheur que j’ai répondu à l’invitation de la revue Solaris, qui célèbre ses 40 ans avec un numéro qui réunit 40 auteurs ! Il s’agissait de produire une fiction courte à partir d’un sous-genre de l’imaginaire. Le numéro regroupe beaucoup d’auteurs talentueux dont il serait long de dresser la liste, mais dont on trouvera les détails ici. Coup de cœur spécial pour la surprenante nouvelle de David Dorais, un texte profondément étrange dont l’écriture envoûtée distille une vibration occulte rarement vue en littérature. On en vient à souhaiter que l’auteur produise un roman complet dans ce style, tant sa lecture provoque une sensation d’immersion férocement originale.

Qu’en est-il des parutions à venir ? Hormis un numéro à thème prometteur de la revue XYZ (publication prévue pour l’été prochain), mon roman Quand s’éteindra la dernière chandelle devrait paraître au début de 2015. Des informations plus détaillées suivront dès que je pourrai les rendre publiques. C’est un roman sur lequel j’ai beaucoup travaillé, tant au point de vue stylistique qu’en ce qui a trait à l’organisation du récit ; celle-ci s’inspire entre autres de certains procédés propres au nouveau roman, mais mis au service d’un sujet dont j’ai voulu explorer les différentes symboliques.

D’autres romans inédits attendent toujours un verdict. Comme je le mentionnais en juillet dernier, les délais avant d’obtenir une réponse sont incroyablement longs… lorsqu’une réponse nous parvient. Je comprends de plus en plus le concept de development hell inhérent à certaines productions américaines. Ces projets sortiront-ils un jour des limbes dans lesquels ils se figent davantage de mois en mois, en proie à la léthargie ? Affaire à suivre…

12 juillet 2014

Quelques nouvelles

            
           Dans un ouvrage de référence sur les zombies au cinéma, Book of the Dead (FAB press, 2005), on trouve cet amusant extrait d’une critique du film Voodoo Man tirée du New York Daily : le film ne se contente pas de montrer des zombies, « it gives the impression of having been made by them ».
            L’affirmation en question pourrait presque qualifier ce blogue – davantage, je l’espère, à cause de son rythme de parution qu’à propos de son style. Néanmoins, puisque certains morts-vivants sont plus vifs que d’autres (revoyez L’avion de l’apocalypse du cinéaste italien Umberto Lenzi pour parfaire votre connaissance du domaine), qui sait ce que nous réservera l’avenir ?
            Malgré la poussière qui recouvre ce blogue, je reçois à l’occasion, dans les commentaires d’anciens billets ou dans les messageries de réseaux sociaux, des questions à propos de mes projets et autres parutions récentes ou à venir. Celles-ci sont à l’origine de cette mise à jour destinée aux lecteurs qui aimeraient en savoir davantage à ce propos.
L’année scolaire 2013-2014 a essentiellement été consacrée à des projets d’écriture puisque j’ai pris un congé sans solde. J’ai donc pu me consacrer à mes travaux d’écriture (littéraires ou journalistiques).
            L’occasion me fut donnée de participer au dernier numéro du fanzine français Médusa, consacré au cinéma de genre. Ce 25e opus de la publication dirigée par Didier Lefèvre est aussi solide qu’éclectique. Il s’agit du premier numéro entièrement en couleurs (une version noir et blanc existe aussi). Quelques pleines pages consacrées à des visuels attrayants permettent de prendre pleinement la mesure de ce changement, et, partout dans ce numéro, sont mis en valeur pavés de presse, affiches, photos et autres jaquettes d’époque.
Ce Médusa garde les qualités des précédents numéros : humour, érudition (dans un long article sur Clive Barker, entre autres, mais aussi dans diverses chroniques qui mettent à profit la spécialisation des rédacteurs), passion, verve et affection pour le « cinéma bis » sous toutes ses formes. Parmi les nouveaux rédacteurs, j’ai remarqué la plume de Claude Gaillard. Il a décidément du panache et un style personnel. Notons un bon article sur un cinéaste américain sympathique et relativement discret : John Landis, un entretien avec Eugenio Martin, un tour d’horizon des démarquages plus ou moins subtils du dernier film de Bruce Lee, Game of Death, quelques pépites de la série B grecque (dépaysant !), etc.
Médusa 25 contient une entrevue que j’ai réalisée avec Jean Rollin en 2007. J’y signe en outre diverses chroniques, notamment celle d’un ouvrage de Jacques Zimmer et de bandes comme l’improbable La Guerre du pétrole et plusieurs Jess Franco. À propos de ce réalisateur, le prochain numéro de Médusa (en préparation à l’heure actuelle) contiendra un long article (près de 50 000 signes !) que j’ai consacré aux longs-métrages de Franco produits par Harry Alan Towers. Ce dossier ambitieux m’a demandé beaucoup de travail. De même, pour ce numéro 26, j’ai longuement réfléchi à la pratique de la « chronique cinématographique ». Ces derniers temps, je me suis souvent fait la réflexion que trop d'articles « critiques », au sujet de la littérature ou à propos d’autres formes d’expression artistique, suivent une formule très conventionnelle et se résument à une recette souvent dévitalisée, exsangue et, il faut le dire, ennuyeuse ! J’ai gardé cette optique à l'esprit dans le contexte de mes chroniques destinées à Médusa 26 afin d’en faire des écrits… littéraires. Si le numéro 25 vous intéresse, je vous encourage à visiter la "petite boutique de Médusa".
 
            Comme certains lecteurs de ce blogue le savent sans doute, 2014 a vu paraître un ouvrage de référence dirigé par David Didelot : Gore. Dissection d’une collection. Il s’agit d’un regard nostalgique et très documenté sur la défunte collection de romans d’horreur publiée aux éditions Fleuve Noir entre 1985 et 1990. L’éditeur, Artus Films, se spécialise dans l’édition, sur DVD, de films cultes (souvent européens : westerns, films d’épouvante gothique, etc.). Cette première incursion littéraire est tout à fait probante, comme l’ont d’ailleurs signalé plusieurs médias, entre autres la revue Métaluna. Sur près de 400 pages, David et ses chroniqueurs (dont Ariane et moi-même) présentent et commentent chaque volume de cette mythique collection. L’ouvrage contient une multitude d’entrevues avec plusieurs auteurs qui participèrent à cette aventure éditoriale surprenante, mais aussi un grand nombre d’articles et de documents des plus intéressants : reproduction de matériel promotionnel ou de lettres, présentation de collections « rivales » et de celles qui préfigurèrent « Gore » ou en prirent la succession (avec de bons mots pour nos amis de La Maison des viscères). Le ton y est enthousiaste et la quantité d’informations, impressionnante. Impossible de ne pas sentir tout le travail, le soin et le perfectionnisme qu’y a mis David. Au-delà du propos spécifique du livre, on obtient par la bande un instantané de la littérature « populaire » des décennies 80-90, et on constate avec chagrin la détérioration du « marché du livre » depuis une dizaine d’années. Certains auteurs ont l’honnêteté de donner des chiffres de tirage et de ventes, par exemple, ce qui permet de se situer concrètement.
Un supplément non négligeable : l’article de David sur les projets destinés à la collection qui n’ont jamais vu le jour ou qui trouvèrent preneur ailleurs, parfois beaucoup plus tard. Ce « point de fuite littéraire » permet, en quelque sorte, d’ajouter des numéros imaginaires à la collection et de la prolonger. 
Poursuivant ma collaboration avec David, dont l’énergie est communicative, je serai au sommaire du prochain numéro de son zine Vidéotopsie, qui contient toutes les qualités de son livre sur « Gore ».
            Enfin, pour clore la section « journalisme », j’ai écrit un article qui paraîtra dans un ouvrage de référence québécois sur un sujet qui ne devrait pas laisser indifférent. J’ignore s’il m’est possible de rendre cette information publique pour le moment ; je laisse donc durer le suspense…

Du côté des fictions
           
            Le blogue permet aux lecteurs d’être tenus au courant de mon actualité littéraire (voir, à droite, la section « Publications » maintenue à jour). Si ladite actualité peut donner l’impression que j’ai passé une année marquée par un farniente béat qu’entrecoupa de temps à autre la rédaction de nouvelles, il n’en est rien, dans les faits (Ariane pourrait en témoigner !).
            J’ai travaillé sur plusieurs romans (tous terminés, sauf un, en cours, un projet ambitieux de roman « psychologico-fantastique » ; à mon grand regret, je n’aurai sans doute pas le temps de le finir avant la rentrée scolaire d’août 2014 – l’un des nombreux aléas d’une « profession littéraire » exercée en marge d’un autre métier). Ces romans inédits relèvent du fantastique occulte, du « thriller expérimental », de la littérature générale, etc.
À l’heure actuelle, rien n’est signé, d’où l’absence d’annonces à ce sujet. J’ai déjà fait part, sur ce même blogue, des difficultés que j’éprouve depuis quelque temps à placer mes derniers projets longs. Depuis 1997 (date de parution de mon premier livre), j’ai constaté des changements dans le milieu de l'édition, notamment cette habitude qu’ont prise plusieurs éditeurs (pas tous, heureusement, mais un nombre significatif quand même) de ne pas accuser réception des manuscrits… et de ne pas répondre à ces soumissions. L’auteur se trouve donc confronté à une incertitude des plus décevantes... et des plus démoralisantes, il faut le reconnaître. Rien de très valorisant, dirons-nous, à susciter un tel silence.
           Les manuscrits reçus sont forcément nombreux, mais une lettre-type, envoyée par courriel, réglerait la situation à peu de frais et rapidement. Sans accusé de réception, comment savoir si le manuscrit a bien été reçu ? Sans verdict, comment savoir s'il est encore en lecture ? On m'objectera que les éditeurs en question ne cherchent peut-être pas de manuscrits. En ce cas, il suffirait de le préciser sur leur site web, ce qui ne laisserait plus de place au doute. Quand on mesure le lot de travail, voire de souffrances, qu'il y a derrière un livre, cette attitude a quelque chose de glaçant, provenant qui plus est de l'un des principaux intervenants du monde littéraire : l'éditeur.
 Lorsque des réponses sont transmises, elles ont souvent en commun des phrases telles que : "Les conditions du marché nous obligent à prendre des décisions douloureuses", "L'état actuel de notre calendrier de production occasionnerait des délais de publication qui ne pourraient que nuire à votre démarche. Nous ne doutons pas que votre projet trouvera ailleurs preneur" ou « Nous en sommes venus à la conclusion que ces deux œuvres à l’inspiration « fortement » poussée et à l’écriture habilement maitrisée ne répondaient pas à la présente politique éditoriale de [X]."
            On comprendra aisément qu'il devient parfois difficile de persévérer dans un tel contexte.
            Certes, je compte terminer le livre en cours. Ensuite… on verra.

D'ici là... Deux romans (incluant une réédition) « devraient » voir le jour l’an prochain. Le cas échéant, j’en dévoilerai les détails ici dès que j'en saurai davantage.
Des textes brefs paraîtront dans divers périodiques, notamment dans des numéros spéciaux des revues Solaris et XYZ. J'invite aussi les lecteurs qui aiment les récits historiques à se procurer l'anthologie Dimension Antiquité, parue chez Rivière Blanche. On y trouve non seulement une nouvelle à laquelle j'ai consacré beaucoup de temps, "L'insula des louves ardentes", mais aussi des récits inédits d'Ariane Gélinas, Jean-Louis Trudel, Jean-Pierre Andrevon et plusieurs autres.
Je termine ce message en remerciant tous ceux (et celles) qui m’ont envoyé des mots d’encouragement et Ariane, si compréhensive et positive. À une époque où les ventes d’ouvrages littéraires ne cessent de baisser (soyons francs), ce genre de soutien constitue (pour moi, à tout le moins) un incitatif... nécessaire. Sinon, à quoi bon continuer ?
Profitez bien de l’été !

05 août 2013

Fantasia 2013

            C’est devenu une tradition annuelle sur ce blogue, à un point tel qu’il devient difficile d’imaginer une façon neuve d’amorcer le sujet. Passons donc outre cette convention pour aborder tout de suite la 17e édition du célèbre festival montréalais consacré à la célébration du cinéma « de genre ».
            Comme c’est souvent le cas, le temps et l’éloignement ont limité le nombre de séances auxquelles j’ai assisté cette année. Ma présence à Fantasia s’est en effet réduite à fréquenter les salles obscures les 2, 3 et 4 août derniers en compagnie d’Ariane et de Patrick. Ce fut l’occasion de revoir de vieux amis habitués du festival comme Simon Laperrière (notamment responsable du volet « Camera Lucida »), Martin Sauvageau, l’un des organisateurs de la première heure (1996 !), Jonathan Reynolds et sa compagne, Julie.
            Cette année encore, le festival offrait une programmation riche et des projections qui se démarquaient par leur atmosphère festive. L’amour de ce cinéma était tangible, tant l’enthousiasme régnait. Année après année, le festival ne perd rien de sa pertinence.
            Arrivée : vendredi en fin d’après-midi, après une semaine de travail bien remplie (Ariane est en ce moment très prise par diverses tâches relatives à son doctorat et par ses projets littéraires ; de mon côté, j’achève un projet destiné à l’éditeur
Rivière Blanche. Quelques parutions (nouvelles) sont en outre prévues pour l’automne. Si cela vous intéresse, les informations à ce sujet seront dévoilées sur ce blogue lorsque le temps sera venu).
            Après m’être procuré le dernier numéro de Fangoria (dossier consacré à Jess Franco, rien de moins), je me suis dirigé vers le cinéma Imperial afin d’assister à la première de Curse of Chucky. L’idée de tenir l’événement un vendredi soir était judicieuse, puisqu’il s’agit d’une bande festive et légère. Soyons honnêtes : il faut ajuster ses attentes pour apprécier le sixième volet d’une série populaire d’horreur humoristique mettant en scène une poupée meurtrière. Si le concept a jadis donné lieu à un premier volet honnête et à un quatrième épisode réussi (entre autres à cause du talent du réalisateur chinois Ronny Yu), il n’était pas simple de le renouveler dans le contexte actuel et d’en proposer une variation pertinente 25 ans après Child’s Play.
            En tenant compte de ces éléments, le visionnement s’est avéré sympathique. Aux ambitions modestes du film correspondra sa diffusion, puisque le film sortira directement en vidéo (avec, peut-être, une sortie technique, brève et limitée à quelques salles, ce qu’on appelait jadis dans la presse une sortie « à la sauvette »). Les fans de la série relèveront plusieurs références aux opus précédents. Le scénariste et réalisateur Don Mancini a opté pour une approche traditionnelle (contrairement à l’optique « méta » propre à plusieurs suites sorties dernièrement). Ainsi, la poupée possédée par l’esprit de l’assassin Charles Lee Ray sévit dans une grande demeure à l’ancienne. Si le scénario se permet plusieurs facilités (Chucky ayant souvent l’occasion de s’en prendre à ses victimes sans profiter du contexte, évidemment pour ménager des effets dramatiques), le résultat final est divertissant pour autant qu’on ajuste ses attentes. À noter : dans les entrevues qu’il a accordées à la presse, Don Mancini a souvent affirmé que Curse of Chucky voulait revenir à un ton plus dramatique et sérieux, voire effrayant. Si les passages humoristiques sont plus restreints que dans les deux derniers épisodes, ils n’en sont pas moins nombreux, et le film gagne assurément à être envisagé (et vu) comme une comédie. L’atmosphère effervescente de la salle a joué un rôle dans ce visionnement quasi interactif. En bref, un petit film sympathique surtout destiné aux amateurs.
 
            Je me suis ensuite rendu avec Ariane à la salle J. A. de Sève pour la première mondiale de Plus one, du réalisateur grec Dennis Iliadis, à qui l’on doit le remake (inutile, mais esthétiquement et techniquement soigné) de Last House on the Left. Plus One, assez différent, a été écrit, produit et réalisé par Iliadis. Il est ardu d’en dévoiler l’intrigue sans trop en dire. Contentons-nous de signaler qu’il s’agit d’un film de science-fiction dont l’intrigue se déroule pendant une gigantesque soirée festive. Le résultat ne m’a guère laissé une impression impérissable. La réalisation est plutôt fonctionnelle, et les protagonistes adolescents s’apparent à ceux, mille fois vus, des productions actuelles destinées à ce public (c’est donc dire qu’il sera question de Facebook, de téléphones cellulaires et de tout le reste, facile à deviner). Si on doit mentionner une certaine volonté du réalisateur de sortir des sentiers battus, il n’en demeure pas moins que l’élément spéculatif du film est très classique et constitue même l’un des clichés de la littérature fantastique du XIXe siècle. Par ailleurs, une idéologie pour le moins discutable se dégage de l’ensemble du film.
            Samedi, 3 août : 5-25-77 de Patrick Read Johnson. Peut-être aurais-je dû me renseigner davantage ! Parfois, il m’arrive de ne pas souhaiter obtenir beaucoup d’informations avant de découvrir une œuvre afin de me réserver quelques surprises. Ce que je savais, c’était que le scénario relatait la vie d’un jeune réalisateur obsédé par le cinéma de genre à la fin des années 70 (d’où le titre).
      Une recherche subséquente révèle que le réalisateur a commis (c’est le cas de le dire) le « chef-d’œuvre » Les Aventures de bébé, alias Baby’s Day Out, l’une de ces insipides comédies américaines que s’arrachaient les clients du club vidéo familial où je travaillais jadis, à ma plus grande perplexité. Payer pour s’infliger ça, vraiment ? Le reste de la filmographie de Johnson est assez chiche, et ce film, réalisé en 2007, demeure inachevé à l’heure actuelle. Lors de la présentation qui a précédé la projection, Johnson disait que son long-métrage « traînait dans une boîte » et qu’il avait voulu l’en sortir afin de le présenter à Fantasia, malgré ses nombreux défauts. Une telle présentation indiquait en quelque sorte à quoi s’attendre.        
         Le film est à ce point autobiographique que le jeune protagoniste porte le même nom que le réalisateur, adolescent passionné par les blockbusters américains que furent Star Wars, Jaws et Planet of the Apes. Une mention écrite au début de 5-25-77 précise d’ailleurs à quel point la part de fiction est réduite.
Faisons simple : il s’agit essentiellement d’un cinéma de « consommateur » plus que de « créateur ». En effet, le jeune apprenti se borne à commencer (sans les terminer) des suites aux films qui l’ont impressionné, sans innover ou sans essayer de leur donner une touche personnelle. Devenu adulte, Johnson a réalisé un long-métrage dont les défauts s’apparentent à ceux qu’il tournait trente ans auparavant. Les fans de Star Wars aimeront peut-être ce projet pour ses innombrables références au classique de George Lucas. Je dois avouer être peu intéressé par les blockbusters hollywoodiens qui, habituellement, suscitent en moi un grand ennui. De voir le jeune héros se pâmer devant Star Wars, les yeux larmoyants, sera donc apprécié ou non selon les sensibilités de chacun. On se contentera de dire que le premier film du jeune Johnson sortira 23 ans après les événements narrés dans 5-25-77 et qu’il s’agira de la comédie « ringarde » Spaced Invaders. Il faut croire que les modèles qu’étaient Lucas ou Spielberg n’ont guère produit un épigone aussi ambitieux que ses inspirateurs…  
          À 21 h 15 commençait le meilleur film vu cette année à Fantasia, You’re Next de Adam Wingard, présenté par le comédien/réalisateur Joe Swanberg. Le scénario prend pour point de départ une invasion de domicile, mais le résultat final dépasse et transcende le concept pour le hausser à un niveau supérieur. Encore une fois, je ne dévoilerai pas les surprises qui émaillent le déroulement du récit, mais les connaisseurs (et les autres !) devraient les apprécier. You’re Next s’inscrit résolument au sein du cinéma horrifique, avec ce que cela implique de débordements visuels, de scènes-choc et de moments de tension. J’ai cru repérer l’influence du cinéma d’épouvante italien des années 70 et 80 en raison de la musique électronique utilisée dans la seconde moitié du film, mais également grâce à la construction scénaristique, à un climat quasi onirique par moments et à certains partis pris esthétiques.
           Le film a été accueilli par un public (parfois trop) enthousiaste qui, comme c’est souvent le cas à Fantasia, m’a à la fois réjoui et rendu perplexe. Réjoui par son énergie, mais rendu perplexe par ses rires aussi nombreux qu’inappropriés lors de scènes dramatiques. J’y vois un manque d’empathie qui me laisse songeur, ce qu’avait d’ailleurs naguère relevé le journaliste Harvey Fenton dans un numéro de son périodique Flesh and Blood. Public blasé ? Protection puérile contre un sentiment de malaise ? Inconscience ? Désir de prouver sa virilité ? On pourrait rétorquer qu’après tout, « ce n’est qu’un film », mais je me demande alors pourquoi ne pas choisir d’aller voir une comédie si notre but est de rire aux éclats.
            Quoi qu’il en soit, je suis curieux de découvrir les prochains projets de ce cinéaste.
            Dimanche, enfin, je me suis rendu à la projection de Tales from the Dark Part 1, film à sketches made in Hong Kong. Avec un tel titre, on pouvait s’attendre à une œuvre sombre ou effrayante, alors que l’humour est constamment présent. Le spectateur y retrouvera des fantômes similaires à ceux que le cinéma japonais de la dernière décennie a popularisés. J’imagine que le résultat, soigné et classique, trouvera son public. Pour ma part, ce genre de productions en série, quelque peu répétitives malgré de bons moments, m’a éloigné du genre.
            Je terminerai en signalant que le festival se termine le 7 août prochain et qu’il mérite assurément d’être découvert… en attendant l’édition 2014.           

03 juin 2013

En librairie !

Les textes mentionnés dans un précédent billet sont tous disponibles en librairie. Le recueil de nouvelles Dimension préhistoire peut être commandé sur le site de l'éditeur Rivière Blanche. Les lecteurs québécois devraient toutefois vérifier préalablement avec l'éditeur s'il expédie au Canada.

Et enfin, si vous aimez les romans fantastiques originaux et ciselés, comment ne pas vous suggérer :

09 avril 2013

Adieu, Jess Franco

Depuis le décès de Jess Franco, de nombreux hommages ont été rendus au cinéaste espagnol un peu partout sur le web et dans la presse. Que peut-on ajouter ?

Puisque Franco adorait la musique, j'ai pensé arranger et enregistrer au piano les thèmes de deux de ses films. Les voici, en guise d'ultime remerciement (document mis en ligne par BB Jane. Merci !).



29 mars 2013

Jean Rollin, par-delà le temps

J'ai déjà parlé à quelques reprises du cinéaste et écrivain Jean Rollin sur ce blogue. La découverte de son cinéma, alors que j'étais âgé de seize ou dix-sept ans, a certainement été un moment mémorable. Le climat onirique de ses films, la littérarité de leurs dialogues, l'étrangeté revendiquée de leur scénario et leur identité fortement européenne constituaient autant de surprises après la découverte des classiques américains du fantastique signés Carpenter, Romero et autres. Lorsque les éditions Fleuve Noir firent paraître dans leur collection "Angoisses" le roman Les Deux orphelines vampires de Rollin, je me le suis aussitôt procuré, et j'en garde un vif souvenir, imprégné d'un parfum printanier. Par la suite, j'écrivis à Rollin pour lui transmettre mes compliments. J'eus l'occasion, au fil des années, d'échanger quelques lettres avec lui et de préparer un dossier consacré à son oeuvre, dossier qui parut dans le défunt périodique imagine... (numéro 78). Une dizaine d'années plus tard, l'homme venait présenter à Montréal son dernier film, La Nuit des horloges. En proie à des ennuis de santé depuis un bon moment déjà, il se montra malgré tout à la fois humble, généreux (donnant autour de lui livres et DVD) et anxieux de découvrir la réception critique de son film. Mon ami Patrick Lambert et moi avons eu l'idée d'interviewer Jean Rollin et de lui poser diverses questions sur des sujets qui avaient été moins souvent abordés par les journalistes, entre autres à propos de ses relations avec les derniers surréalistes français et de son amour du roman noir. Filmée par Patrick, la discussion resta inédite pendant plusieurs années, puis, lorsque nous apprîmes, Patrick et moi, que la firme Kino Lorber avait pour projet d'éditer les films de Rollin sur Blu-Ray, nous avons songé qu'il serait dommage de ne pas diffuser ce document qui permet de dialoguer avec Jean Rollin par-delà la barrière du temps, le cinéaste nous ayant hélas quittés en décembre 2010. Ce sera chose faite dès avril avec la parution du Blu-Ray des Raisins de la mort, film fantastique écologique qui demeure l'un des "Rollin" les plus accessibles. Il peut constituer une bonne porte d'entrée dans son univers. Il ne nous reste plus qu'à espérer que l'entrevue, d'une durée de 49 minutes, saura plaire aux cinéphiles...

15 mars 2013

Dégel littéraire

Je profite du printemps qui s'annonce pour donner signe de vie. Comme vous le savez sans doute, ce blogue a dû être délaissé au cours des derniers mois. Ce n'était pas par désintérêt, mais par manque de temps. Cela étant dit, quelques lecteurs de ce blogue ont communiqué avec moi pour obtenir des nouvelles à propos des parutions à venir. J'attendais que les contrats d'édition soient signés avant d'officialiser le tout. C'est maintenant chose faite, et voici la liste des futures publications.
Depuis longtemps déja, j'aime les fanzines européens consacrés au cinéma. On trouve dans ces périodiques une passion communicative que des plumes incisives et originales mettent au service de films souvent aussi obscurs qu'étonnants. Plusieurs d'entre eux sont hélas disparus, comme le mythique Cine Zine Zone auquel j'eus jadis la chance de participer avant le décès de son responsable, Pierre Charles. Avec la démocratisation d'Internet, la période faste de ces publications a semblé révolue pendant plusieurs années, mais cette presse spécialisée connaît un regain de vitalité depuis un moment.

Médusa est l'un des valeureux survivants de la grande époque du fanzinat français. Toujours sous la direction de son fondateur, Didier Lefèvre, le numéro 24 est paru voilà quelques mois. Au sommaire de ce numéro fort intéressant, on retrouve entre autres des entretiens inédits (dont une rencontre avec le pittoresque Giovanni Lombardo Radice, vu dans plusieurs classiques du cinéma bis comme Frayeurs de Lucio Fulci. L'homme a également travaillé avec Umberto Lenzi, Antonio Margheriti, Joe d'Amato et Michele Soavi), un article sur la période pendant laquelle Tobe Hooper (Texas Chainsaw Massacre) travailla pour la firme Cannon, un dossier sur les documentaires-chocs surnommés "Mondo Movies", un survol des dernières productions de la mythique Hammer Films, ressuscitée depuis quelques années, quatre pages sur Frank Henenlotter (Basket Case) et beaucoup de textes au sujet de films qui appartiennent à la grande famille du cinéma de genre : série B américaine, fantastique espagnol, westerns italiens, etc. Le ton y est à la fois érudit et décontracté, passionné mais avec une touche d'humour. On trouvera des comptes rendus de films aux titres étonnants comme Confessions of a Psycho Cat ou Bikini Frankenstein (!), mais aussi un portrait de la comédienne culte Meiko Kaji et bien d'autres choses encore. J'y signe quelques textes, notamment sur Roger Watkins et Radley Metzger. Bonne nouvelle pour les lecteurs québécois : Médusa est disponible depuis peu à la Boîte Noire, club vidéo montréalais bien connu.

À paraître ce printemps :

- "Le chemin délesté" (nouvelle) dans Solaris 186 (avril 2013). Cette nouvelle qui porte sur le deuil et sa symbolique m'a demandé beaucoup de travail, car je souhaitais aborder le sujet de façon sensible. Ce numéro de Solaris sera consacré au fantastique urbain.
 
- "La planète des horreurs" dans le prochain numéro de la revue XYZ (mai 2013). Si vous trouvez le titre de cette nouvelle quelque peu feuilletonesque, vous n'avez pas tort. Elle fait partie d'un projet piloté par Jean-Pierre April : "Le retour du bon vieux futur". Il regroupe des pastiches et des parodies des romans d'aventures populaires des années 1950 et 1960. Au sommaire de ce numéro de XYZ, on pourra lire, outre mon texte, des parodies et des pastiches signés Jean-Pierre April, Geneviève Blouin, Michel Châteauneuf et Ariane Gélinas.

- Mon roman Le Mausolée des matins blêmes paraîtra en mai aux éditions Andara. Ce thriller m'a demandé plusieurs années de travail et de réflexion, malgré sa concision. Une brève présentation : Chansonnier au chômage, Alain Dupont consulte en vain les offres d’emploi dans les journaux. Il est persuadé que son destin ne peut s’aggraver. Et s’il avait tort ? Si un soir, en rentrant chez lui, il faisait une découverte particulièrement désagréable ? Serait-il tenté d’oublier son sort en buvant quelques verres de trop ? Il suffit parfois d’un enchaînement de circonstances en apparence fortuites pour que la malchance s’en mêle. De là à se réfugier dans une bâtisse délabrée pour échapper à un danger soudain, il n’y a qu’un pas. Mais qu’arrive-t-il quand cet abri dissimule une menace aussi grande qu’imprévisible ?


- En juin 2013 paraîtra chez Rivière Blanche l'anthologie Dimension préhistoire, sous la direction de Meddy Ligner. Le titre indique bien la thématique qui servira de fil conducteur aux nouvelles réunies dans ce recueil. C'était un défi très intéressant à relever, et j'ai tenu à proposer un texte d'une certaine ampleur (le titre : "Pour que s'anime le ciel factice"). J'apprécie particulièrement les publications de Rivière Blanche, c'est donc avec enthousiasme que j'ai accepté de participer au projet. Au sommaire, on retrouve une nouvelle de ma précieuse compagne, Ariane Gélinas, mais également des textes de Jean-Louis Trudel, Orson Scott Card, Pierre Gévart et bien d'autres encore.

En bref, un dégel littéraire des plus emballants, avec d'autres projets à venir que je dévoilerai ici lorsqu'ils se seront concrétisés.

Je termine ce billet en vous souhaitant un agréable printemps 2013.



11 août 2012

La peur comme thérapie

Extrait d'un entretien accordé au journaliste Alexandre Poncet 
par le réalisateur, acteur et maquilleur Tom Savini :

"Le cinéma d'horreur [...] est bon pour la santé. Tous les endocrinologues vous le diront : les décharges d'adrénaline que libèrent les films d'horreur ou les tours de montagnes russes s'accompagnent de réactions chimiques qui combattent le cancer. Regarder un film d'horreur coûte donc beaucoup moins cher qu'un traitement médical de pointe".

06 août 2012

Fantasia 2012

 
Année après année, le festival Fantasia continue à se démarquer en présentant des films audacieux lors de projections souvent festives. Des invités de marque sont présents et offrent au public l’occasion de se constituer une réserve de souvenirs précieux et uniques. Cette année encore, l’événement s’est distingué par son atmosphère, sa programmation et ses séances animées. Le programme officiel du festival lui-même annonçait la couleur avec éloquence : il compte presque 400 pages ! On peut le parcourir comme un livre consacré au cinéma de genre ou comme l’un de ces fanzines qui, à l’instar de Médusa, réunit dans un joyeux chaos films d’arts martiaux, épouvante, fantastique, science-fiction et bien d’autres encore.
Les habitués de ce blogue le savent : mon emploi du temps et ma localisation géographique (Trois-Rivières) ne me permettent pas toujours de fréquenter le festival aussi assidûment que je le souhaiterais, mais j’y vais néanmoins chaque année. Le week-end dernier fut donc l’occasion de ce ressourcement annuel, avant que ne déferle (et ne nous emporte) la grande vague de l’automne. 
 
J’aurais aimé pouvoir assister à certaines projections, notamment celles organisées par la Cinémathèque québécoise. On pouvait y voir en vrac Les Centurions de l’an 2001, film futuriste de Lucio Fulci vu jadis en VHS dont je n’avais pas compris la fin. Peut-être aurais-je décrypté ce qu’elle signifiait cette fois. Toujours est-il qu’on y reconnaissait notre cher Fulci, teigneux, imprévisible, parfois hésitant, mais certainement capable de laisser sa patte sur n’importe quel petit film de série. Côté « psychotronique », on y diffusait aussi Le choc des étoiles de Luigi Cozzi, nanar atomisé et cosmique dont l’héroïne se nomme Stella Star, rien de moins ; n’oublions pas Les guerriers du Bronx, l’un des plus divertissants films du genre « post-apocalyptique » dans lequel, à la façon d’un jeu vidéo avant la lettre, un groupe  de rebelles doit traverser une succession de territoires souterrains en affrontant leurs habitants (je vous laisse le soin de découvrir de qui il s’agit) ; que dire, aussi, du Dr Jekyll et les femmes de Walerian Borowczyk, cinéaste respecté, mais dont les prétentions et l’aspect bourgeois m’ont toujours rebuté ? On y voit, en tout cas, deux figures cultes qui, à elles seules, justifient de découvrir cette œuvre : Howard Vernon et Udo Kier.

Vendredi

Nous sommes arrivés à Montréal vendredi après-midi, Ariane et moi. Après quelques heures passées dans les bouquinistes (maigre récolte, pour ma part : un livre de la série de romans post-apocalyptiques Le Survivant, à recommander aux amateurs de kitscheries littéraires musclées), nous avons rejoint l’ami Patrick pour un souper convivial.
Ce fut ensuite le moment de gagner le Theatre Hall et d’assister à notre premier film : Lobos de Arga (que le distributeur international a bêtement renommé Game of Werewolves, un choix d’ailleurs décrié par le réalisateur, Juan Martinez Moreno, lors de la période de questions/réponses qui a suivi la projection du film – ledit distributeur affirme que ce titre est plus commercial ; a-t-il un certain Game of Thrones en tête?).
Étant amateur du cinéma ibérique pour son aspect débridé (au point de vue idéologique, mais également par rapport aux libertés scénaristiques et visuelles souvent présentes dans ce cinéma), j’étais curieux de découvrir cette comédie qui a pour thème la lycanthropie.
Le résultat est agréable, mais assez léger. Le scénario suit les déboires d’un écrivain plus ou moins raté de retour dans le village de son enfance et en proie à une malédiction. Les ingrédients classiques du genre sont présents : bourg intemporel, villageois superstitieux, décors ruraux à l’ancienne, avec ruines et souterrains…  Malgré un budget modeste, Moreno (qui a mis quatre ans à « monter » ce film) parvient à un résultat sympathique. À l’actif de son film, on notera une photographie esthétique que les lieux de tournage contribuent à mettre en valeur (et vice-versa !), des maquillages de loups-garous à l’ancienne (Moreno refuse les effets par ordinateur), quelques ingénieuses trouvailles humoristiques, des personnages amusants (notamment un chien présent dans presque toutes les scènes) et des variations plaisantes sur les éléments propres au genre. Un petit film soigné et appréciable.
À 22 H 00, ce fut ensuite New Kids Turbo (une production des Pays-Bas), également une comédie. Si vous connaissez la série canadienne Trailer Park Boys, vous avez une petite idée des personnages qui peuplent ce film, lui-même tiré d’une série culte en son pays. Les anti-héros en titre sont cinq chômeurs qui ne veulent désormais plus rien payer. Les conséquences de cette décision dépasseront toutes leurs espérances…  Le moteur de l’humour, cette fois, ce sont les personnages, de même que l’énormité des situations racontées. Les réalisateurs-scénaristes (Steffen Haars et Flip Van der Kuil) s’ingénient aussi à enfreindre un maximum de tabous. Rien ne sera donc épargné – dans l’optique, bien sûr, d’une comédie qui refuse le politiquement correct et vise à amuser par son attitude irrévérencieuse et excessive à l’égard de… tout !  Pour apprécier New Kids Turbo, il faut le prendre pour ce qu’il est (une comédie outrancière), mais, de temps en temps, un tel bain d’humour incendiaire aide à s’évader et peut s’avérer… défoulant !

Samedi

Après une nuit de sommeil agitée (canicule oblige) et un souper du samedi en compagnie des amis Carmélie et David, nous retrouvons Patrick pour la projection de Grabbers, production anglo-irlandaise dont l’action se déroule dans un petit village de pêcheurs irlandais pittoresque. L’endroit, entre autres peuplé par quelques ivrognes hauts en couleurs, subit l’attaque de créatures extraterrestres qui se nourrissent de sang humain. Ces êtres ont une faiblesse : ils ne peuvent tolérer l’alcool, toxique pour eux. Est-il besoin d’en dire plus ? Encore une fois, la légèreté fut au rendez-vous. À l’actif du film, on signalera ses décors dépaysants (que le grand écran permettait de contempler pour un effet maximal), ses personnages pittoresques et colorés et son idée de base. Malgré cela, ce long-métrage n’est pas à l’abri de passages à vide, entre autres à cause de certaines scènes un peu trop longues, d’évidences auxquelles trop de temps est consacré et d’une inspiration humoristique inégale (certains clichés de la comédie traditionnelle ne sont pas évités). Un film correct et agréable, en somme.
 
Notre visite à Fantasia s’est terminée par la découverte de Excision, film américain de Richard Bates Jr. Il s’agit du prolongement d’un court-métrage que le cinéaste avait présenté à Fantasia voilà quelques années. Excision en reprend les grandes lignes scénaristiques, tout en modifiant certains éléments. Ce qui m’a le plus surpris du film, c’est son interprétation : Traci Lords, Malcolm McDowell, John Waters, Ray Wise… La palme va sans doute à Traci Lords, efficace dans le rôle d’une mère autoritaire. Excision suit le parcours d’une adolescente tourmentée, Pauline, en proie à des fantasmes qui entremêlent sexualité, violence, confusion identitaire et transgression. Portrait d’une famille dysfonctionnelle, ce thriller se veut provocant. Le film n’est pas sans failles. Une réalisation fonctionnelle (champ/contre-champ se succèdent) en dessert l’aspect cinématographique au profit d’une esthétique parfois trop télévisuelle ; le ton du film est également hésitant : s’agit-il d’une comédie ? d’un drame ? des deux à la fois ? ; quelques incohérences sont enfin à souligner en ce qui a trait au caractère de Pauline. Cela étant dit, le film a l’avantage de ne pas être ennuyeux et de susciter certains questionnements chez le spectateur.
 
Au final, vous aurez compris que ma visite à Fantasia, cette année, ne m’a pas réellement permis d’avoir un coup de cœur pour l’un de ces quatre films. Comme d’habitude, j’ai cependant apprécié l’ambiance, l’état d’esprit et les conditions de visionnement (passons charitablement sur les sièges du Theatre Hall dont la dégradation se poursuit d’année en année de manière chaque fois plus… éprouvante – l’horreur s’y réfugie parfois de façon plus intense que sur l’écran !).  En outre, l’occasion d’entendre parler réalisateurs, acteurs et artisans du milieu cinématographique vaut la peine d’être saisie. Il reste encore quelques jours au festival ; si vous êtes dans les environs de Montréal, profitez-en pour aller y faire un tour, vous ne le regretterez pas.

Merci à l’équipe de Fantasia, notamment à Simon Laperrière, Patrick Lambert, Nicolas Archambault et Kevin Laforest.