01 juin 2007

SORCELLERIE ET CINÉMA : LA GOULVE


Aujourd'hui, je vous parle de LA GOULVE, un film aussi rare qu'étrange, réalisé en 1972 par Mario Mercier.

Pendant des années, j’ai cherché ce film, devenu un véritable Graal. Il n’avait jamais été édité en vidéo, ni en France, ni ailleurs. Étant un inconditionnel de l’œuvre romanesque de Mario Mercier (4 livres incendiaires et inoubliables, qui ne ressemblent à rien d’autre) et ayant apprécié son film LA PAPESSE (sorti en DVD sous le titre "A Woman Possessed"), je supposais que je ne verrais jamais La Goulve, et pour cause : produit par l’homme d’affaires Bepi Fontana, le film a été remonté « dans le dos » de Mercier, qui le renie complètement et ne veut pas en entendre parler. Fontana y a notamment ajouté des scènes (soft) érotiques. Le producteur s’étant reconverti dans une agence de rencontres sur le web, il se soucie peu de cette « œuvre de jeunesse », et il y avait peu de chances pour que ce mythe voie le jour en VHS ou DVD…

Mais un petit futé a profité de la projection du film à la Cinémathèque de Toulouse pour le transférer sur VHS et voilà comment je suis entré en possession du film…

Ce film fut une découverte bizarre et intéressante. « Le premier film de witch-cinema » proclamait l’affiche, à l’époque... L'un de mes grands regrets, par ailleurs, est d'avoir vu cette affiche en format géant sans l'acheter ! Elle décorait les murs du disquaire montréalais PRIMITIVE, à l'époque (voilà 2 ans environ) où s'entassaient un nombre invraisemblable d'affiches rarissimes chez ce disquaire... Regrets, regrets...

À l’époque du tournage, Mercier s’intéressait beaucoup à l’occultisme, et il s’agit plus d’un film « occulte » que d’un film « fantastique », dans la mesure où l’occulte est considéré comme vrai, vécu, et non pas une simple élucubration de l’imaginaire.

L’argument de base est simple : Raymond fut élevé par un vieux sorcier. Parvenu à l'âge adulte, il tombe amoureux d’une femme volage. Pour s’attirer ses faveurs, il prie la « Goulve » de lui venir en aide. Cette entité peut devenir maléfique si on lui demande trop de services… et c’est ce qui arrive. Raymond est possédé par La Goulve et, tel un catalyseur, libère d'étranges vibrations dans son entourage. La « Goulve », comme une tache d’encre, répand ses maléfices et détraque la réalité de chacun, faisant de l’existence une hallucination cauchemardesque et perpétuelle.

La première partie est plutôt lente et classique, la seconde, hallucinée, non-linéaire, à la limite du non-narratif, très surréaliste et de plus en plus bizarre. Les 15-20 dernières minutes sont d'une étrangeté scintillante (particulièrement une scène onirique tellement réussie qu’on se dit qu’il aurait fallu que le film au complet ait été fait dans ce style-là), et tout à fait représentatives de ce qu’aurait pu être un vrai « witch-cinema » si le courant avait eu l’occasion d’exister par-delà deux films (La Goulve et La Papesse).

La fin totalement ésotérique laisse un peu pantois et on imagine dans quelles conditions curieuses l’œuvre fut tournée. Desservi par un budget calamiteux (plus qu’évident) et par une interprétation parfois bancale du principal comédien masculin, La Goulve demeure une curiosité, plus aisément compréhensible par qui a fréquenté l’œuvre littéraire de Mario Mercier… et qui donne à regretter, tout comme La Papesse, que le cinéaste-écrivain n’ait pas eu l’occasion de tourner d’autres films. Mais, paradoxalement, c'est aussi cela qui enrichit le mythe.

En bref, visionner La Goulve, c'est être absorbé dans un univers ésotérique dont on ressort un peu sonné, en ayant eu l'impression de faire un pas dans un autre monde...

Le comédien de La Goulve qui incarne le protagoniste pendant son enfance raconte son expérience de tournage ici


L'une des toiles de Mercier, qui est également peintre :

22 mai 2007

ROMANS DE GARE !


Quelques journaux ont parlé récemment de la nouvelle collection québécoise "COUPS DE TÊTE", dirigée Michel Vézina, et publiée aux 400 coups. Les trois premiers titres : Élise, de Michel Vézina lui-même, L'Odyssée de l'extase, de Sylvain Houde, et La Gifle, de Roxanne Bouchard.

Dans une entrevue accordée à La Presse, Vézina dit :

«Moi, j'ai été élevé aux Bob Morane, aux petits livres d'action, aux pulp fiction américaines, tous ces trucs un peu trash, dit-il. J'en lis encore, et j'ai un plaisir fou. Ce qui ne m'empêche pas de lire aussi Ulysse de Joyce.»

Le côté rock and roll de la chose n'est pas pour me déplaire... De là à entamer un projet, il n'y a qu'un pas. Voilà un bout de temps que j'écris de gros romans de 450 000 signes et plus... Rédiger un petit roman dense, sec et teigneux ne manquerait pas d'attrait. J'ai même des titres en tête, des phrases d'introduction et de conclusion. Ne reste plus qu'à écrire le reste. Comptez sur moi. Vous savez que je suis fiable, n'est-ce pas...?



Que le pulp soit convulsif, comme la beauté devrait l'être !

21 avril 2007

MAIS NE NOUS DÉLIVREZ PAS DU MAL


Si vous n'avez pas encore vu ce chef-d'oeuvre de Joël Séria, ruez-vous sur le DVD édité par MONDO MACABRO (qui contient la piste sonore originale française). Un must absolu, et l'un de mes films favoris.

20 avril 2007

Le temps passe, mais il ne trépasse pas


J’ai découvert récemment une formidable compilation réalisée par les gens de chez RHINO aux États-Unis : One Kiss Can Lead To Another: Girl Group Sounds Lost & Found.
Sachant que Rhino est le « label » derrière les compilations NUGGETS et bien d’autres du genre, il est difficile de se plaindre ! Même en l’ignorant, on note, renote et dénote énergie juvénile, harmonies vocales remarquables, force de frappe d’un son parfois monophonique, mélodies incroyables, naïveté assumée… Voilà donc la bande son de mes promenades actuelles (nocturnes et autres) ; promenades nocturnes dignes d'un roman noir auquel il ne manque que Dominique Wilms en vamp ou un personnage d’André Héléna accoudé au zinc pendant qu’une torch singer improbable se charge des hostilités. Des hostilités anisées et bien aimables...

- Parlant d’André Héléna, je lis son roman LE FESTIVAL DES MACCHABÉES, un titre bien dans le ton du roman noir français des fifties. Toujours cette écriture immaculée et cet univers aussi rocambolesque que fascinant. Héléna, ressuscite ! (et ramène nous Roger Watkins en même temps).- Pris dans un tourbillon d’activités diverses (c’est vrai !), j’ai tempéré mes visionnements de films frénétiques (visionnements et films sont frénétiques). Mais l’urgence d’une série B seventies se fait sentir. Oh ! Et j’ai vu cette semaine une biographie de Jayne Mansfield. Mickey Hargitay (son mari) était incarné par… Arnold Schwarzenegger ! Le tout avait une saveur « movie of the week » qui saupoudrait la dégustation d’un plaisir coupable insensé. Encore une fascination pour la chute… mais il y a bien d’autres chutes autour de moi. On devrait placer un panneau pour prévenir les passants.

J’ai la tête plongée dans les années soixante. Quelqu’un m’expliquera-t-il
cela ? À vrai dire, je ne suis pas sûr de vouloir le savoir !

11 avril 2007

VENTS D'OUEST

... Et l'éditeur du recueil À L'INTENTION DES OMBRES sera :

VENTS D'OUEST (j'ai reçu mon contrat aujourd'hui).

10 avril 2007

Witch cinema, l'oeuvre sorcière de Mario Mercier

Voici un article que j'ai écrit sur le cinéaste et écrivain Mario Mercier, dont l'oeuvre est absolument fascinante ! J'ai eu la chance de rencontrer Mercier en 1999. L'homme a réalisé deux films étonnants (LA GOULVE et LA PAPESSE), de même que plusieurs romans très originaux. Les détails de cette rencontre se trouvent dans ce document (format PDF) téléchargeable :

(Modif. octobre 2009 : lien devenu indisponible, hélas !)

À noter : la critique du film LA GOULVE est écrite par Nicolas Felgerolles ; le reste du dossier est de Frédérick Durand.

08 avril 2007

Exotica !



J'habite à Trois-Rivières... pour l'instant !

L'un des attraits de cette ville, pour l'amateur de curiosités, de dépaysement et d'encanaillement kitsch que je suis, c'est certainement le COCONUT MOTEL, qui abrite le COCONUT BAR, un établissement voué au culte de l'esthétique polynésienne. On découvre sur place un décor pittoresque qui ne peut laisser indifférent ; lorsqu'on évolue dans cette recréation fantasmée de l'Exotisme (notez le "e" majuscule), on a l'impression de parcourir les pages d'une vieille bande-dessinée, de vivre un roman d'espionnage, d'être même sur la couverture écornée de ce roman, un vieux colt 45 dissimulé sous le veston de notre complet trois-pièces. Quoi de mieux que d'arpenter le décor en carton-pâte d'un film d'aventures de série B des années 60...? Ne manquent à l'appel que le jazz frénétique des sixties, qu'un verre d'absinthe à portée de la main, qu'une valise remplie de documents secrets à remettre à un agent déguisé en touriste américain, qu'une vamp improbable, assise au comptoir en train de siroter un aku-aku dans un verre en forme de noix de coco ou de savourer un bloody-mary dans un crâne d'ivoire... Ce genre d'endroit sort d'un rêve, d'un rêve fiévreux et halluciné ; on est loin de la quotidienneté, de l'ordinaire et de la grisaille. Tant pis si c'est factice ! Je préfère une hallucination enivrante à une monotonie réaliste. Pas vous ?

Hors du COCONUT BAR, debout dans le stationnement, regardons les "cabines" des motels un peu partout, cet entassement typique propre aux road movies qui explorent l'Amérique profonde... Rêves, divagations, rêves encore. Ce mot, décidément, se glisse bien dans un verre bleu rempli d'un liquide coloré dont l'odeur vous submerge comme le parfum d'une inconnue prématurément disparue.



Ce week-end, dimanche après-midi, en fait, je suis allé y faire un tour en compagnie de mon ami P... de passage à Trois-Rivières. On a pris un apéritif sympa avant le souper. L'endroit était pratiquement désert, à part un jeune couple charmant qui buvait dans des verres bariolés. Il y avait, près de nous, cette immense fontaine surmontée d'un pont... Il y avait ces masques sur les murs, ces portraits de jeunes Polynésiennes dont certaines rappellent l'actrice Laura Gemser, ces chaises en osier qui évoquent la célèbre affiche du film EMMANUELLE...

Il y avait... oh... bien d'autres choses encore, mais il fait bon, parfois, de garder un peu de mystère en réserve, afin de s'en servir pour semer les plus belles fleurs baroques dans son jardin secret...

07 avril 2007

En images !

Deux clips d'époque de Bardot pour appuyer mes dires :

Un jour comme un autre, chanson nostalgique sur la rupture :



C'est rigolo, chanson délirante et absurde :



De retour avec de nouvelles surprises...

04 avril 2007

Je vous invite à l'indécence

Je vous parlerai aujourd’hui de Brigitte Bardot. Je ne vous dirai pas, je l’espère, ce que vous savez déjà d’elle. Je ne parlerai pas de son apparence, que je laisse à votre appréciation, ni même de sa carrière de comédienne.



Non, en fait, ce que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui, c’est la fascination qu’exercent sur moi les ENREGISTREMENTS audio de Brigitte Bardot… entendre « sa » musique (j’utilise les guillemets, car Bardot ne fut ni parolière, ni compositrice, seulement interprète…).

Entre 1962 et 1982 (mais essentiellement au courant des années 60), Bardot enregistra une série de chansons aussi belles que poétiques, enrichies par des arrangements sublimes (je le pense vraiment) et des textes incroyables. Bien sûr, on sait qu’elle collabora avec Gainsbourg, mais un tandem moins connu signa aussi pour elle un certain nombre de chansons exceptionnelles... Je parle ici de Jean-Max Rivière et de Claude Bolling. Tantôt drôles, tantôt provocatrices, tantôt sensuelles, tantôt lyriques, tantôt volontairement naïves, ces chansons sont si puissantes que plusieurs d’entre elles me donnent le frisson chaque fois que je les entends !

Bande-son d’un film fantasmé, elles télescopent les rythmes du jazz, du rock, d’une pop sixties ciselée et d’une touche de chanson « à la française ». L’un des reproches que je fais à la chanson et aux chansonniers (Brel et les autres), c’est la part minimale qu’ils accordent à la musicalité. Oui, ces chansonniers classiques ont souvent des textes intéressants, mais le reste est parfois… affligeant ! Une mélodie interchangeable et banale – souvent la même d’une pièce à l’autre –, pas ou peu de soli, des orchestrations invisibles, un manque flagrant de contenu MUSICAL, en définitive… Gainsbourg l’avait compris, lui qui truffait ses disques jazz de soli et d’arrangements élégants et variés.

Voici les paroles d’Invitango. J’aurais pu en choisir d’autres… Imaginez la voix frêle de Bardot interpréter cette chanson, à la fois mutine et sensuelle :

je vous invite à l’indécence
de ce tango presque argentin
où je ferai la connaissance
de votre corps contre le mien

où vous ferez la découverte de cet exotique entretien
lorsque la musique est offerte, il faut la suivre, sachez-le bien
entrez dans mon tango, et je vous danserai, les yeux à demi-clos
perdue au milieu des reflets de la musique qui nous amène
quand les violons racontent leurs peines

nos doigts emmêlés l’un à l’autre comme les pétales d’une fleur
vous prouveront que je suis vôtre et que vous m’êtes proche de cœur
je vous dirai en espagnol les mots d’amour que je connais
et nous verrons bien qui s’affole le premier des deux sous l’effet

entrez dans mon tango, et je vous danserai, les yeux à demi-clos
perdue au milieu des reflets de la musique qui nous amène
quand les violons racontent leurs peines

je te tutoie, nous avons l’âge
de nous dire « tu » sans se connaître
et puisque le tango t’engage
pour toujours à me reconnaître
autant ne pas faire de manières
et nous mettre à nous embrasser
puisqu’on a baissé les lumières
pour ne pas nous intimider

entre dans mon amour, je t’argentinerai
jusqu’au lever du jour pour voir le pays qui te plaît
le tango seul est responsable de ce beau voyage inoubliable

les autres ont d’étranges questions
ne les écoute surtout pas
tous les prétextes leur sont bons
pour te faire déboîter le pas
de cette érotique cadence
que va-t-il nous rester plus tard ?
je sais où le tango commence
où finit-il dans cette histoire ?

de ce tango presque argentin
je vous invite à l’indécence…

***

Qu’y a-t-il à rajouter après ça ?

Tout et rien… vous avez raison. À vous d’imaginer le reste…

30 mars 2007

A L'INTENTION DES OMBRES

À L'INTENTION DES OMBRES, oui, tel est le titre d'un recueil de nouvelles à paraître en 2008. J'ai eu le coup de fil de l'éditeur hier. Je dévoilerai son identité quand j'aurai signé le contrat d'édition. Voilà une belle nouvelle ; ce sera mon 10e livre (déjà !)

Ce sont quoi, ces textes ? Majoritairement des nouvelles fantastiques et
insolites, avec quelques escapades dans le polar et la littérature générale.



Dans ce livre que je lis présentement (GOTHIC, de Gavin Baddeley), on trouve cet amusant passage sur le cinéaste américain Ed Wood - des choses que vous savez déjà, mais qui sont formulées de façon assez amusante :

"Bela Lugosi [...] fit partie de la troupe d'acteurs monstres de foire que le réalisateur avait rassemblée pour tourner ses films dérangés : Vampira, la présentatrice de films d'horreur bien connue, Criswell, le médium de la télé tristement célèbre pour ses [prédictions] incorrect[e]s, et un lutteur suédois chauve de 180 kilos, nommé Tor Johnson.

À cette époque, Lugosi combattait son alcoolisme et une dépendance à la morphine, et sa carrière ne pouvait tomber plus bas. Dans le film de Wood GLEN OR GLENDA (1953), il tient lieu de narrateur, et dit au héros de prendre garde au "gros dragon vert assis sur votre seuil. Il mange les petits garçons, [les queues de chiots et les gros escargots] !" ; pour couronner cette plongée dans l'absurde, à un moment, l'image d'un troupeau de bisons en train de charger se superpose à son visage tandis qu'il scande "À l'aide ! à l'aide"

Quelques jolies images :

- Un Bela Lugosi de mauvaise humeur dans le film d'Ed Wood BRIDE OF THE MONSTER :



- Vampira et Tor Johnson (devinez qui est qui) :



- Criswell, auréolé d'une aura verte du meilleur goût :

28 mars 2007

Fantasme et cauchemar à l'américaine : Jayne Mansfield

Décor : années 50. On cherche une autre Marylin Monroe, une Marylin "bis". Battre le fer pendant qu'il est chaud. On tentera toujours de reprendre une recette à succès. Des psychanalystes l'expliquent en affirmant qu'il est impossible de renoncer à un plaisir qu'on a connu. Il y aura Mamie Van Doren et quelques autres, dont la plus particulière est peut-être Margaret Lee, doublure de Monroe qui, très sage au départ, finira par commettre un meurtre qui mettra un terme à sa carrière et l’enverra en prison. Elle n'aimait pas ce fan qui lui faisait une cour trop assidue, dira-t-elle pour se justifier. Certaines ont le couteau facile. Pour reprendre le titre d'un polar écorné qui traîne chez moi, Les blondes ont la vie dure.

Il y aura Jayne Mansfield. Dotée, dit-on, d’un quotient intellectuel supérieur, elle incarnait généralement des personnages de « blonde idiote », déjà un vieux cliché qui - comme les blondes - a la vie dure. Dure comme la mort.Soyons pittoresques : à ses débuts, Jayne a refusé d’être nommée Miss Fromage Roquefort, car elle trouvait que « ça ne sonnait pas bien » à l’oreille. En vérité… Pourtant, elle était assez carriériste, il faut le dire, rêvant d’être une superstar. À 21 ans, elle déménage à Los Angeles avec son époux de l’époque, pour prendre des cours d’art dramatique. Elle décroche de petits rôles dans des films aux jolis titres, que je n’ai d’ailleurs pas vus, mais que j’aime commenter malgré tout, soyons imaginatifs :

FEMALE JUNGLE (1953) – visions d’une jungle de carton pâte dominée par une tribu d’amazones. Quelque part, entre deux stock-shots, Jayne Mansfield, sa blondeur écrasée par un soleil en noir et blanc.

PETE KELLY’S BLUE (1955), dans lequel elle incarne « la fille à la cigarette », que je me plais à imaginer en femme fatale, fréquemment accoudée au comptoir d’un bar de jazzmen, une femme fatale dont la sœur spirituelle serait Dominique Wilms, « La môme vert-de-gris ».Tout cela est bien joli, mais le vrai début de miss Mansfield se produit à New York, dans la comédie WILL SUCCESS SPOIL ROCK HUNTER… On croit que tout est parti pour la gloire, ensuite, avec de grosses productions hollywoodiennes (et parues en DVD récemment), dont THE GIRL CAN’T HELP IT, qui la lance (comédie rock and roll, dont le technicolor flamboyant souligne le caractère factice… Mansfield incarne une ingénue qui n’a aucun talent pour le chant. Son prétendant, obnubilé par elle, veut absolument en faire une chanteuse à succès. Ça vous rappelle quelque chose ? Moi oui...! Entre des prestations musicales tapageuses (dont celles de Little Richard, de ce cher Gene Vincent et de Julie « Cry me a River » London), la comédie bon enfant déroule ses vagues dans lesquelles il fait bon s’immerger si, dans le cœur, on a besoin d’un réconfort hivernal. Quant à Julie London, elle a réussi sa carrière essentiellement à cause de ses pochettes d'albums...Quelques films remportent du succès, on parle beaucoup de Jayne dans les journaux mondains…

Et c’est ensuite qu’elle commence à m’intéresser plus. Quoi que... je l'aime aussi avant, quand même, Jayne, car je sens en elle et autour d'elle un délire sous-jacent et permanent.

Jayne s’éprend du culturiste hongrois Mickey Hargitay, ex Monsieur Univers 1955, celui-là même qui incarnerait par la suite quelques-uns des rôles les plus hallucinés du cinéma italien. Je pense notamment au BOURREAU ÉCARLATE (1965) du film du même nom, dans lequel il hurlait « Je suis le bourreau écarlate » dans les sous-sols d’un château aménagé pour terrifier un groupe de photographes de mode, le tout dans des couleurs pop art et dans des décors expressionnistes (ô, toile d’araignée géante, comme je me souviens de toi).Jayne Mansfield adorait la couleur rose au point de se faire construire un véritable palais dont tous les objets étaient de cette couleur. Son époux Hargitay, qui adorait sa femme, en fut le maçon et l’architecte. Mansfield le remercia en le trompant à qui mieux-mieux et en le quittant sans remords. En retour, Hargitay n’oublia jamais Jayne Mansfield. Je me souviens d’un documentaire tourné récemment, dans lequel il pleurait encore en repensant à Jayne.

J’aimerais bien, un jour, faire l’objet d’une telle fidélité…

Poursuivons charitablement...:

Au cours de sa carrière, Jayne avait la fâcheuse manie de multiplier les incidents du style « sein de Janet Jackson exposé pendant le superbowl ». C’étaient toujours, selon la principale intéressée, des « accidents », mais leur caractère répétitif laissait certains détracteurs sceptiques.

Les bons rôles s’épuisent. Monroe est morte en 1962. On cherche autre chose, en ce début de décennie 1960. Le cinéma européen récupère Jayne, voulant essentiellement profiter de son statut de sex-symbol. Le noir et blanc remplace le technicolor friqué, Jayne se dénude pour PLAYBOY, a des aventures de plus en plus extravagantes (on raconte entre autres que Hargitay l’a surprise avec deux hommes - à replacer dans le contexte du début des années 60 svp), boit de plus en plus, pleure, est malheureuse, etc.

Son visage s’épaissit, s’enlaidit. Où est passée la jeune femme qui, au départ, donnait l’illusion d'être une gentille ingénue incapable de se rendre compte de l’effet qu’elle produisait ? Elle a été absorbée par l’autre, fausse-vamp racoleuse au visage boursouflé. Et il y a la tristesse, au fond de ce regard plein d'une joie fabriquée.

Quelques beaux titres de films avec Jayne Mansfield, post-1960 :

- Les amours d’Hercule
- The Dumbest Blonde
- The Fat Spy
- The Las Vegas Hillbillys (film country)

Je garde le plus bizarre pour la fin.

Jayne a connu un destin tragique : elle est morte dans un accident de voiture qui l’a décapitée. Sa vie, de toute façon, avait pris une tournure de plus en plus chaotique. On parle d’une liaison avec Anton La Vey, le dirigeant de l’Église de Satan. Cette photo tend à prouver qu’ils se connaissaient, en tout cas:D’aucuns, avec le goût du sensationnalisme et de l’occulte, disent que l’accident a été provoqué par La Vey, à qui Mansfield se refusait un peu trop…

Dernier film pour Jayne Mansfield : un film-collage halluciné (que je n’ai pas vu, d’ailleurs, alors voilà pour la crédibilité) intitulé THE WILD, WILD WORLD OF JAYNE MANSFIELD. En gros, un producteur avisé a acheté des archives personnelles de Jayne, petits films amateurs qui sont en fait des souvenirs de voyage, où on la voit dans diverses villes, souriante, etc. Il y a intégré une narration récitée par une imitatrice de Jayne… Ces scènes servent d’intermède entre deux visites de boîtes à strip-teases, dans lesquelles Mansfield n’a bien entendu jamais mis les pieds.Pour clouer le cercueil, ce "documentaire" se termine par des extraits d’archives tournées après l’accident de voiture de Mansfield. On y voit la voiture démolie, etc. Et on finit avec une visite de son palais rose, déserté, le tout présenté par un Mickey Hargitay complètement défait. Une épitaphe plutôt… cynique ?

Pauvre petite Jayne, paumée dans la nuit hollywoodienne et dans les décors de carton-pâte de Cinecitta ! On aurait envie de te prendre dans nos bras pour te dire que tout ira bien. Alors, en arrière-plan, on entendrait Brian Wilson chanter "Don't Worry Baby" et on aurait l'impression furtive que tout est encore à construire... et que, peut-être, le soleil ne se couchera plus.

23 mars 2007

Extraordinairement fantastique !

Cette pub rigolote de HMH m'a toujours amusé :

19 mars 2007

LE TEMPS DÉTRUIT-IL TOUT ? CATCH A WAVE...


Je viens de terminer la lecture de cette impressionnante biographie consacrée à Brian Wilson et aux Beach Boys. C'est véritablement l'enfer de la médaille, les insectes cachés sous le caillou illuminé par le soleil.

Au-delà de tout ce qu'on apprend (et qui serait trop long à résumer ici), un aspect du livre a retenu mon attention, créant une étrange "correspondance poétique" avec le film de Gaspar Noé IRRÉVERSIBLE. Dans ce film assez dérangeant, l'un des personnages dit :

- Le temps détruit tout.

S'il est un aspect que CATCH A WAVE met en relief, c'est bien les ravages du temps. Thème éculé, peut-être, mais néanmoins souvent véritable. L'optimiste en moi (finira-t-il par périr, d'ailleurs ?) refuse de croire que "le temps détruit TOUT", mais je dois me rendre à l'évidence : il détruit pas mal de choses... Il corrode, érode, gruge... Des amitiés, la naïveté, la confiance envers soi et envers les autres, la spontanéité, etc. C'en est à se demander comment on réussit à ne pas devenir un squelette.

Mais, bien sûr, il faut se relever, n'est-ce pas ? Il faut toujours se relever...

CATCH A WAVE raconte en détails comment un groupe de jeunes musiciens, dirigés par un compositeur dont le talent croît de façon exponentielle au fil des albums, finit par se fourvoyer dans tous les pièges possibles, avant de devenir une odieuse caricature de ce qu'il fut à l'origine.

Les Beach Boys, à peine sortis de l'adolescence, chantaient les joies du soleil, de la liberté, de l'amour... 1961, 1962, 1963, 1964... FUN FUN FUN, DO YOU WANNA DANCE ?, SURFIN' USA... Que de la naïveté et une vision idyllique d'une vie insouciante.



Puis, déjà, à partir de 1965, la volonté apparaît, chez certains membres du groupe, de "respecter la formule" qui assure un succès commercial, car, après tout, il faut payer la maison, les voitures, entretenir les maîtresses, etc. Éternel combat du négoce et de l'art. De l'autre côté, Brian Wilson, compositeur de plus en plus tourmenté dont la création artistique est une planche de salut... Wilson qui veut enregistrer "le meilleur disque de rock de tous les temps", de plus en plus ambitieux et expérimental dans son approche, se heurtant à l'incompréhension de son groupe (formé de ses deux frères, du cousin Mike Love et de l'ami d'enfance Al Jardine)... Conséquences : après avoir travaillé pendant des mois sur un album très ambitieux (SMILE), il amorce une dépression, une descente en enfer qui dure presque 10 ans, pendant laquelle... :

- Wilson devient obèse et drogué, passant de nombreuses journées alité...
- Le groupe, encore hier adulé, est considéré comme trop désuet, naïf, voire arriéré, par la relève des nouveaux groupes de la seconde moitié des années 60 et par les fans de ces nouveaux groupes (Doors, Jefferson Airplane, etc.). Il n'est plus d'actualité de parler d'âneries de leur genre alors que la guerre du Vietnam fait des ravages, que des émeutes ont lieu, que des problèmes raciaux ébranlent l'Amérique... et j'en passe.

D'où :

- Tentative du groupe de rester en phase avec son époque (de jolies barbes apparaissent, les paroles traitent de thèmes écologiques, etc.). Le plus intéressant, dans tout ça, c'est que cette réaction donne lieu à d'excellents albums, à mon avis (HOLLAND, SUNFLOWER, etc.), albums qui ne sont PLUS écrits par le "génie" du groupe, mais bien par les autres membres.

Cette phase n'est donc pas catastrophique, MAIS :

- Les albums ne se vendent plus. Que faire ? Ressusciter le mythe. Le mythe = Brian Wilson, génie aux ailes brûlées, terré dans un mutisme musical depuis de nombreuses années. D'où la campagne BRIAN IS BACK... Un traitement de choc propulse Brian Wilson derrière la console : il produit deux albums bancaux, dénudés, dont les arrangements précaires ont de quoi surprendre... Chansons enfantines, naïves, qui parlent du système solaire, de Johnny Carson, de l'avion, etc.

Et c'est là où la catastrophe commence. Les albums ne se vendent pas (mauvaise promo, et le groupe, en plus, n'est pas satisfait des chansons de Wilson, trouvées trop bizarres, mais dès 1966, beaucoup de morceaux que Brian Wilson proposait étaient jugés (par son groupe) insuffisants, déconcertants, peu commerciaux).

Que faire ? Retourner aux "valeurs sûres", c'est-à-dire régresser avec des chansons sur le surf, les filles et la plage...... tout ça chanté par des hommes qui n'ont plus rien des jeunes naïfs qu'ils furent jadis. Des types drogués, désabusés, paumés, cyniques, qui se détestent au point de ne plus entrer sur scène ensemble, qui vont même jusqu'à se battre pendant un concert... Je vous laisse imaginer la catastrophe imminente, dont une longue version disco d'un vieux morceau soul constitue la pointe d'un iceberg empoisonné. Quelques jolies balades subsistent sur l'album de 1979 (LIGHT ALBUM), mais ensuite, là, vraiment, destination enfer.

Brian Wilson est traîné presque de force sur scène... Terrifié, il arrive à peine à "assurer"...

Son frère Dennis, aux prises avec son caractère excessif, compose aussi des chansons d'une beauté étonnante - il faut le dire, car on a trop souvent évoqué le cas de Brian Wilson seul. Bon, on peut admettre que les autres (en particulier Mike Love) ne donnent pas dans le génie, encore moins après 1974...

Que penser de KEEPIN' THE SUMMER ALIVE et THE BEACH BOYS ? (l'album à la production qui tue : 1985, des synthés, des solos de sax alimentaires)...

Brian Wilson se lance en solo (bonne idée), mais il s'entoure de producteurs peu doués. On surcharge ses albums de synthés, ou alors on lui donne un son SOFT ROCK (IMAGINATION, 1998) qui lui ôte une bonne part de crédibilité, à moins d'avoir une oreille capable de faire le tri.

Le reste, au moins, est constitué en partie de bonnes nouvelles : parution de l'album SMILE en 2004, salué par la critique et, accessoirement, salué par moi.

They say that Brian is back... Il est de retour, Wilson, mais on voit qu'il a traversé l'enfer. Et ça, ça laisse des marques.

Le temps ne détruit donc pas tout, mais il a des griffes...

10 mars 2007

LA NUIT CONTINUE DE SOUPIRER

Le roman avance. Peut-être sera-t-il mon ouvrage le plus long ! Chose certaine, c'est une lutte quotidienne. Bien sûr, l'affirmation peut sembler hyperbolique, mais le travail sur l'écriture est tel que chaque paragraphe me demande une grande réflexion. De quoi ça parle, ce livre ? Il serait trop tôt pour le dire, mais c'est une sorte de roman surréaliste. Ce surréalisme se situe à la fois sur le plan du langage et sur celui de l'univers décrit. 

À part ça, quoi de neuf ? Avec une certaine affliction, j'ai appris le décès récent du cinéaste américain Roger Watkins, auteur d'un brulôt quasiment terroriste, LAST HOUSE ON DEAD END STREET, un film aussi radical que teigneux. En faire l'historique serait long, contentons-nous de dire que LAST HOUSE raconte les déboires d'un ex-taulard qui a entrepris de se venger sur la société, le tout raconté de façon syncopée et anarchisante à souhait. Une expérience cinématographique que je ne recommande pas nécessairement à tout le monde (certaines scènes sont plutôt dures). À l'origine, le film durait 180 minutes, mais la compagnie qui en possédait les droits l'a remonté de façon à en faire un film de... 75 minutes ! Quelle histoire...  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le DVD du film, on trouve un documentaire retraçant le parcours de Roger Watkins, une succession d'échecs, de deuils à faire (je pense à son divorce particulièrement difficile), de projets avortés... La carrière de Watkins n'aura été qu'un long faux-départ, puisqu'après LAST HOUSE, il a réalisé une comédie de commande qu'il renie et une poignée de films X alimentaires, sans jamais pouvoir revenir à sa vision d'auteur. Sur le DVD en question, voir le jeune Watkins dans la vingtaine, enthousiaste, persuadé qu'il va devenir un cinéaste réputé, a quelque chose qui vous arrache le coeur, pour peu que vous soyez sensibles à ce genre de drame.... Un parcours qui, au final, fait de Watkins une figure tragique, à la manière de bien d'autres artistes - musiciens, auteurs, cinéastes - dont le parcours demeure un objet de fascination pour moi (Brian Wilson, Roky Erickson, Arthur Lee, André Héléna, Mario Mercier, Jayne Mansfield, etc.).

04 février 2007

Le silence n'est pas toujours un signe d'inaction. Depuis janvier 2007, je travaille à un nouveau roman intitulé LA NUIT SOUPIRE QUAND ELLE S'ARRÊTE. J'avais l'idée de ce livre depuis très longtemps, en fait, j'en ai même conçu le synopsis avant L'ÎLE DES CIGOGNES FANÉES, soit en 2003. Comme le sujet est ambitieux, je trouvais difficile de me lancer dans la rédaction de ce roman à temps partiel. J'ai dû attendre que des circonstances favorables se prêtent à ce projet d'écriture. On dit banalement que mieux vaut tard que jamais ; souhaitons que le résultat justifie l'adage : c'est l'un de mes livres les plus exigeants, sur le plan de la littérarité et de l'écriture. Rien n'est laissé au hasard, et l'ensemble devrait donner lieu à un roman lyrique et surréalisant... Je me suis astreint à une discipline très rigoureuse, mais le livre avance. Je termine en notant qu'AU CARREFOUR DES 3 ÉCLIPSES est en nomination pour le prix des Bibliothèques publiques (secteur Mauricie), ce qui est une nouvelle sympathique. Au plaisir !

09 septembre 2006

Pour commencer, une bibliographie partielle (mais relativement complète) qui peut être utile aux lectrices et aux lecteurs qui veulent en savoir davantage sur mes publications.

PUBLICATIONS


Romans

Dans les pas d'une poupée suspendue, Tête première, 2021, 272 p.

La nuit soupire quand elle s'arrête, réédition revue et corrigée, Les Six Brumes, 2020, 240 p. 


Quinze croix pour le lys rouge, La Maison des viscères, 2018, 180 p.


Au rendez-vous des courtisans glacés (version revue, corrigée et non censurée), Les Six Brumes, 2015, 218 p.

Quand s'éteindra la dernière chandelle, Rivière Blanche, 2015, 204 p.

Le mausolée des matins blêmes, Andara, 2013, 96 p.
La maison au fond de l'impasse, Vents d'Ouest, 2011, 158 p.La nuit soupire quand elle s'arrête, La Veuve noire éditrice, 2008, 311 p.Comme un goût d'aurore sur une idée fixe, Vents d'Ouest, 2008, 283 pJe hurle à la lune comme un chien sauvage, Coups de tête, 2008, 88 p.Au carrefour des trois éclipses, Les éditions JCL, 2006, 271 p.L’Île des cigognes fanées, La Veuve noire éditrice, collection « Le Treize noir », 2004, 400 p. Au rendez-vous des courtisans glacés, La Veuve noire éditrice, collection « Le Treize noir », 2004, 344 p. (Version censurée)Dernier train pour Noireterre, La Veuve noire éditrice, collection « Le Treize noir », 2003, 225 p.Promenade nocturne sur un chemin renversé, Éditions Hurtubise HMH, collection « Atout/Fantastique », 2002, 193 p.Le carrousel pourpre, Éditions Hurtubise HMH, collection « Atout/Fantastique », 2001, 147 p.Le voyage insolite, Éditions Pierre Tisseyre, collection « Chacal », 1998, 163 p.L’ombre du sorcier, Éditions Pierre Tisseyre, collection « Chacal », 1997, 173 p.
Recueil de nouvelles
L'heure approche où j'aurai tes yeux, Rivière Blanche, 2022, 368 p. 
 
À l'intention des ombres, Vents d'Ouest, 2008, 207 p.


Poésie
Sombre d'ailleurs, Triptyque, 2009, 55 p.Tu peux me déchirer, Éditions d’art Le Sabord, collection « recto verso », 2004, 52 p.
Nouvelles et novellas qui ne se trouvent pas dans le recueil À l'intention des ombres

"Sur un lit de colombes mortes", recueil collectif Automnales (19 nouvelles d'Halloween), Les Six Brumes, octobre 2024.
"Le parfum de mille fleurs décomposées", revue Solaris no 233, août 2024.
"Les envoûtements de Lierrebrisé" (nouvelle parue dans le collectif La page retrouvée, Association des amis de Michel Gourdon, 2022.
« Crépuscules », nouvelle parue dans le collectif Crépuscules, Les Six brumes, 2022.

« Le soir où la haine givra ton coeur », nouvelle disponible sur le site de la République du Centaure (février 2021). 

« Jésabelle, rescapée des sortilèges », Le Sabord, no 116 (novembre 2020).

« Les ombres délivrées », nouvelle parue dans l'ouvrage collectif Dimension New York 3, Rivière Blanche, 2020).

« Les vacances disloquées », Solaris 209, hiver 2019.

« Cette prison d'ombres et de mémoires », Brins d'éternité no 50, printemps 2018.

« Prochaine station : Lac-des-Morts », nouvelle parue dans l'ouvrage collectif Horrificorama, Les Six Brumes, 2017.

« Le saloon des deux crânes », novella parue dans l'ouvrage collectif Les Murmurantes, Les Six Brumes, 2016.

« Et ton coeur noir s'arrêtera », Moebius, no 148 (2016).

« Jésabelle et les ruines fossilisées », XYZ. La revue de la nouvelle, no 122.

« Comme toi, j'ouvrirai des portes intangibles », Solaris, automne 2014, no 192.

« L'insula des louves ardentes », Collectif Dimension Antiquité (Rivière Blanche), 2014 (texte réédité dans Brins d'éternité 44)

« Le jour du souvenir », Brins d'éternité, no 38, printemps/été 2014, p. 50-54.

« Thandor. Les origines », XYZ. La revue de la nouvelle, no 116, p. 33.

« Le Dédale oublié », Le Sabord, no 96, octobre 2013, p. 16.

« Le Marché vespéral », Brins d'éternité, automne 2013, no 36, p. 7-18 (texte réédité dans l'anthologie Dix ans d'éternité, Les Six Brumes, 2014).

« Pour que s'anime le ciel factice », Collectif Dimension Préhistoire (Rivière Blanche), 2013.

« La planète des horreurs », XYZ. La revue de la nouvelle, été 2013, no 114, p. 7-15.

 « Le chemin délesté », Solaris, printemps 2013, no 186, p. 43-53.

« Quand revivra le théâtre inerte », Virages, automne 2012, no 61,
p. 26-30.

« Les jardins suspendus », Le Sabord, octobre 2011, no 90, p. 22-26.

« Tu n’es pas seule », XYZ. La revue de la nouvelle, automne 2011,
no 107, p. 38-43.

« Décompression en rouge profond », Alibis, automne 2011, no 40,
p. 37-43.

« L’heure approche où j’aurai tes yeux », Solaris, hiver 2011, no 177,
p. 7-21.

« Le Salon des oubliés », Le Sabord, octobre 2010, no 87, p. 6-7.

« La maison qui n’existait pas », imagine..., décembre 1996, no 78,
p. 83-86.

« La Reine de l'Automne », Micronos (France), juillet 1995, no 19,
p. 5-7.

« Les enfants de la nuit », Micronos, avril 1995, no 18, p. 5-8.

« Jacinthe visite le jardin des supplices », Micronos, octobre 1994,
no 16, p. 5-6.

« En ces abîmes où la mort meurt », Micronos, juillet 1994, no 15,
p. 7-11.

« Voyage au bout de la passion », Micronos, avril 1994, no 14, p. 10-12.

« Le retour de Monsieur Delamort », dans Yves Meynard, Claude J. Pelletier, dir., Orbite d’approche, volume 1, Montréal, Les publications Ianus, 1992, p. 23-29.

Prose poétique

« Opaque dans l’œil du matin : lettre en rouge à la femme fatale », Le Sabord, avril 2003, no 65, p. 62-65.

Articles

« Le roman-feuilleton : aventures et morales », dans Pierre Hébert et alii, dir., Atlas littéraire du Québec, Saint-Laurent, Éditions Fides, 2020, 500 p.
 
 « Jess Franco et Harry Alan Towers, dans Médusa, no 26, 2015 (texte réédité - version mise à jour et remaniée : Brins d'éternité 44)

« Faut-il assagir les poètes macabres ?», dans Bleu Nuit, histoire d'une cinéphilie nocturne, Éditions Somme Toute, 2014.

Articles divers dans Gore. Dissection d'une collection. Artus Films, 2014. 

« Roman-feuilleton », p. 594-597 dans Pierre Hébert et alii, dir., Dictionnaire de la censure au Québec, Saint-Laurent, Éditions Fides, 2006, 715 p.

« Le fantastique québécois vu par l’un de ses praticiens », Québec français, automne 2005, no 139, p. 53-56.

« Les deux orphelines d’Adolphe d’Ennery : de la pièce au roman, la multiplication des figures et des passions », dans Manon Brunet, dir., Érudition et passion dans les écritures intimes, Québec, Éditions Nota bene, 1999, p. 129-140.
« Éléments pour une analyse psychanalytique de la fantasticité », imagine..., juin/septembre 1997, no 80/81, p. 162-175.
« Intertextualité et fantastique : L’influence de « William Wilson » dans Le Premier mouvement de Jacques Marchand », Solaris, hiver 1997, no 120, p. 27-28.

« Présentation », imagine..., décembre 1996, no 78, p. 7-8.

« Invitation au voyage », imagine..., décembre 1996, no 78, p. 114-115.

« Qui est Jean Rollin ? », imagine..., décembre 1996, no 78, p. 121-122.

« 13 questions à Jean Rollin », imagine..., décembre 1996, no 78, p. 134-142.

« Jean Rollin : vidéographie québécoise » (article écrit en collaboration avec Pascal Françaix), imagine..., décembre 1996, no 78, p. 147-153.

« Considérations sur le thème du double », imagine..., septembre 1995, no 73, p. 27-40.

« Lettre à la rédaction », Solaris, printemps 1995, no 113, p. 4.

« Deuxième Festival international du cinéma fantastique de Montréal : entrevues avec Dario Argento et Danielle Proulx », imagine..., mars 1994, no 67, p. 201-206.

Comptes rendus critiques de livres et de films

Edmond DE NEVERS, « Lettres de Berlin et d’autres villes d’Europe », Tangence, été 2003, no 72, p. 151-153.

Joël SÉRIA, « Mais ne nous délivrez pas du mal », E.T.C. (Texas), août 1998, no 16, p. 17-18.

Yvan LAMONDE et Gilles GALLICHAN (dir.), “ L’histoire de la culture et de l’imprimé. Hommages à Claude Galarneau ”, Recherches sociographiques, septembre-décembre 1997, vol. 38, no 2, p. 550-553.

FILMO-DISCOGRAPHIE

« Verso L’Ignoto » (en collaboration avec Pierre Héroux), pièce musicale utilisée sur le DVD officiel du film The Beyond, Anchor Bay (États-Unis), 2000.

DISCOGRAPHIE

Pianiste sur le morceau « Les coiffeurs de cerveaux » (album La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, vol. 2 par le groupe Jardin Mécanique).

Album Red Games of the Headless Dolls, Fangoria Musick, 2014 (en collaboration avec Pierre Héroux).

« Verso L’Ignoto » (en collaboration avec Pierre Héroux), sur la compilation For Lucio Fulci : a Symphony of Fear, Jacksonville (Floride), Graveside Entertainment, 1999. Référence : GSCD004-2.

« Door to Silence » (en collaboration avec P. Héroux et Daniel Boutin), sur For Lucio Fulci : a Symphony of Fear, Jacksonville, Graveside Entertainment, 1999. Référence : GSCD004-2.