01 mai 2009

Effroi !

Lors du Salon du livre de Québec, en avril dernier, un aimable lecteur (prénommé Michel) m'a suggéré d'ajouter à ce blogue une section bibliographique afin de faciliter les choses à ceux et à celles qui désireraient en savoir plus au sujet de mes publications. Vous pourrez consulter cette section en cliquant (dans la bande de droite) sur BIBLIOGRAPHIE. Pour l'instant, il s'agit d'un projet en chantier qui évoluera au fil des mois. Je tâcherai de présenter un bref résumé de chaque livre, de même que la page couverture qui lui correspond.

Ce salon du livre fut aussi l'occasion de revoir de vieux amis, notamment le fort sympathique Mario Giguère, alias Blanc citron, webmestre du site web québécois Le Club des monstres, voué au cinéma populaire sous toutes ses formes. Il s'agit d'une immense banque de critiques et de données, sorte de foire pittoresque dans laquelle il est aisé de se perdre des heures durant, au gré d'explorations étonnantes. Mario et moi nous sommes promenés dans le vieux Québec, découvrant quelques curiosités corrosives dans des librairies usagées qui les dissimulaient souvent derrière une rangée de livres plus conventionnels, parfois au bas d'une tablette poussiéreuse, à l'abri des regards. J'ai notamment trouvé quelques-unes de ces bandes dessinées étranges que j'affectionne, récits délirants qui font preuve d'une imagination qu'on chercherait en vain chez des auteurs et des éditeurs plus "respectables"... À la limite de l'expérimental, quand le pop art devient de l'avant-garde... À eux seuls, les titres de ces publications proposent fréquemment des programmes narratifs aussi déstabilisants qu'originaux. On a alors l'impression de découvrir un monde sans limites.Dans Effroi, édité par "Elisa Presse" en 1974, on découvre les méfaits de Kriminal, un bandit qui se plaît à endosser un costume qui lui donne l'apparence d'un squelette. Réminiscences d'Eugène Sue et de ses Mystères de Paris dans lequel une galerie de personnages plus tarés les uns que les autres s'agite de manière plus ou moins convulsive. Un bref échantillon :

- « Le Squelette », justement, un bandit si maigre qu’on le paie pour qu’il s’exhibe

- Ferrand, notaire obsédé sexuel qui se déguise derrière les apparences d’un homme très religieux

- Fleur-de-Marie (Goualeuse) Ex-prostituée devenue vertueuse et timide qui, après s’être convertie, finit par mourir de honte

- La Louve, bonne fille malgré une propension à la violence physique ! Elle rencontre Fleur-de-Marie dans une prison de femmes !

- Le Chourineur, ex-boucher violent, mais bon garçon malgré tout. Solution à son problème : canaliser sa violence en abattant des animaux

- Les Morel, des ouvriers méritants et pauvres. Prêts à toutes les résignations. Leur philosophie : "Il faut comprendre les riches : si nous étions à leur place, nous agirions comme eux". Karl Marx avait apprécié ces propos assez modérément...

- Tortillard, voyou cruel et sournois.

- Le Maître d’école, ancien bagnard dangereux. Pour le calmer, le héros du roman, le prince Rodolphe, décide de le rendre aveugle, théorie dont il suggère l'application réelle afin d'endiguer la criminalité.

Il me faudra revenir un jour sur ce roman-feuilleton démentiel qui défraya la chronique lorsqu'il parut en 1842-1843, au point d'éclipser la mort de Stendhal et de mériter ce mot de Théophile Gautier: "Des malades ont attendu la fin des Mystères de Paris pour mourir". C'est peu dire !

01 avril 2009

Ne lisez pas de romans !

Quand je travaillais à ma thèse de doctorat, j'ai lu un grand nombre d'articles, de préfaces et de textes divers écrits au XIXe siècle, au sujet du genre romanesque.

Quelques sources, en vrac, pour vous donner une idée des titres et des périodiques qui accueillaient ces écrits :

[ANONYME], « Terrible résultat de la lecture des mauvais livres », Album des familles, vol. 5, no 3, mars 1880, p. 141-142.

[ANONYME], « Les mauvais livres », Le Foyer domestique, vol. 4, no 71, juillet 1879, p. 338-339.

BÉDARD, [Marie] H[ercule], « La prohibition des livres », Revue canadienne, vol. 29, no 6, juin 1893, p. 341-350.

DESROSIERS, Joseph, « L'Exploitation du crime », Revue canadienne, vol. 29, no 10, octobre 1893, p. 585-590.

FONTAINE, J[oseph] O[ctave], Du mauvais goût dans la littérature canadienne, Québec, des Presses du « Canadien », 1876, 16 p.

FRANC, Louis, « Mauvais Livres et mauvais feuilletons », Revue canadienne, vol. 27, no 4, avril 1891, p. 194-199.

LACASSE, Z., « Le prêtre et les mauvaises lectures », Une nouvelle mine. Le prêtre et ses détracteurs ou le prêtre vengé, Montréal, Imprimerie de l'Étendard, 1892, p. 225-240

LACASSE, Z., « Nos ennemis écrivains », Une quatrième mine. Dans le camp ennemi, Montréal, Librairie St-Joseph, Cadieux & Derome, 1893, p. 93 à 114.

NOISEUX, Henri, « L'action malsaine du roman », Revue canadienne, vol. 25, 1889, p. 63-69.

Ces textes - dont la liste que vous venez de lire est très loin d'être complète - condamnaient le roman pour plusieurs raisons, souvent savoureuses. En voici une jolie synthèse pour vous, en espérant que vous y songiez deux fois, désormais, avant de lire un roman.D'abord, gardez à l'esprit que les mauvais livres sont « la plaie du XIXe siècle » (selon Joseph-Octave Fontaine, 1879) et que « les meilleurs [romans] ne valent pas grand'chose » (selon le "docteur Larue", 1891). Surtout, pensez aux risques qui vous attendent, car voici la liste des effets du roman :

Perte de l'innocence
Dégoût de l'étude sérieuse
Jugement faussé et "intelligence brûlée"
Coeur flétri
Coeur endurci
"On pleure sur des malheurs imaginaires et on ignore les vrais"
Fait aimer le luxe
Rend infidèle
Fait connaître trop tôt les duretés de la vie aux enfants
Montre la débauche
Rend moins pieux
Fait délaisser "les occupations graves et utiles"
Rend moins doux
Rend moins obéissant
Rend moins gai
Entraîne des habitudes coupables
Rend morose
Rend inquiet
Détruit la famille
Rend moins intelligent
Fait perdre l'honneur
Fait perdre la modestie
Trop d'idéalisation fait en sorte qu'on ne supporte plus la vie réelle
Rend moins patriote
"Arme le bras de l'assassin"
Laisse entrer l'argot
Laisse entrer les vices
Laisse entrer le crimeCar :

Les romans mêlent vérité et mensonge
Il y a beaucoup de mauvais livres
Il y a peu de bons livres (logique, vu l'affirmation précédente)
Les livres sont le fléau du 19e siècle
Les romans/dime novels rendent fou
Tout le monde lit les mauvais livres, mais tous les romans ne valent rien

Mais, au moins, cette affirmation réconfortera le lectorat masculin : selon une idée répandue à l'époque, les mauvais livres ravagent plus les femmes que les hommes.

04 mars 2009

Le presbytère n'a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat

Cette phrase magique, empreinte d'une curieuse poésie, c'est à Gaston Leroux qu'on la doit. On peut la lire à plusieurs reprises dans son roman Le Mystère de la chambre jaune. On a beaucoup écrit sur ce livre, qu'on s'est souvent plu à présenter comme un classique de "l'énigme en chambre close", c'est-à-dire comme un roman policier dont le mystère repose sur un crime commis dans une pièce dont il est impossible de sortir ou dans laquelle on ne peut pas entrer. Ce serait se montrer injuste que réduire les romans de Gaston Leroux à d'aimables divertissements sans souci d'écriture ou d'inventivité. Le parcours de cet écrivain - d'abord journaliste de choc - suffirait, du reste, à nous persuader du contraire. Sa personnalité aussi, d'ailleurs.

Au-delà de ce récit, c'est surtout, je crois, dans le mystère dense de son écriture que Gaston Leroux nous convie à entrer. Mon avis peut sembler divergeant de l'image que se fait le grand public de cet auteur - un grand public qui n'a guère lu Leroux, d'ailleurs, ou alors qui a peut-être parcouru distraitement Le Fantôme de l'Opéra.L'une des particularités de l'écriture de cet auteur était le recours à une poésie insolite, à la fois subtile, mystérieuse et décalée. C'est connu : Leroux aimait parsemer ses livres de phrases en italiques qui provoquent une sensation inusitée, la sensation qu'il se trouve quelque chose entre les lignes, que l'intrigue n'est parfois qu'un prétexte pour entrouvrir la porte sur un monde qui se trouve à la frontière du regard, qui commence dans notre "angle mort" de lecteur. La force de Leroux est de parvenir à justifier logiquement ces phrases, tout en ne leur enlevant rien de leur inquiétante étrangeté. Au fil des pages, on découvre donc ce genre de passages avec une certaine stupéfaction :

- Il est étrange de voir avec quelle régularité de pendule la marquise glisse de la vie à la mort pour remonter de la mort à la vie et redescendre ensuite.
- Frileuse fille d'Égypte qui n'est vêtue que de cordes, fais t'en des ceintures que ton époux dénouera et tu auras chaud.
- Pourquoi les chaussettes de l'homme qui marche la tête en bas se trouvent-elles chez Coriolis ?
- La tête de mort a-t-elle sonné ?
- C'est par ce petit trou-là que le monstre m'a mordue pendant que je faisais ma prière.

Si on enlevait ces fameuses italiques, d'ailleurs, ces phrases de Leroux ne perdraient rien de leur force, mais le recours à cette police montre bien la volonté de Leroux de les souligner. C'est, d'une certaine façon, sa signature d'auteur.J'ai eu l'occasion, voilà quelques années, de discuter (?) avec un auteur un peu pontifiant qui expédiait Leroux du revers de la main. Bien sûr, il l'avait peu lu, et ces lectures (qu'on sentait en surface - entendre : Leroux avait été lu vite, presque de façon utilitaire) se bornaient à des réminiscences adolescentes plus ou moins lucides. Il n'avait pas remarqué que l'écriture de Leroux est aussi particulière en ce que l'auteur oscille sans cesse entre le premier degré (sa verve de conteur) et une certaine ironie affectueuse (s'adressant parfois aux personnages pour les rassurer ou les réconforter ou alors pour poser sur eux un jugement qui n'est pas dénué d'un sens critique empreint d'une certaine bonhomie). Le résultat ne manque pas d'étonner le lecteur attentif.

Il serait inexact, toutefois, de dire que, chez Leroux, l'histoire - la diégèse - n'a pas d'importance. Au contraire, les récits qu'il conçoit sont parfois si étranges et déroutants qu'on comprend pourquoi le grand public n'a retenu que les plus sages : Le Mystère de la chambre jaune, Le Parfum de la dame en noir et Le Fantôme de l'Opéra. On ne parle guère de l'étonnant La Double vie de Théophraste Longuet, par exemple, un roman très singulier...Ou alors de cette Reine du sabbat qui avait valu ces mots de Jean Rollin: "Ce prodigieux volume, une des plus importantes créations imaginatives du XXe siècle et une des oeuvres les plus savamment construites qui puisse être, nous entraîne dans chacun des poncifs du genre, mais décuplé et poussé à son extrême limite. Il n'est pas impossible que quelqu'un devienne un jour fou en lisant ce livre, car les événements sont si diaboliques, l'intrigue, si compliquée et les énigmes se succédant plus rapidement les unes que les autres, qu'il devient extrêmement difficile de ne pas perdre le fil". Que demander de mieux? La littérature ne devrait-elle pas être le plus dépaysant des voyages?

14 février 2009

Mauvais genres

Chaque fin de semaine, je suis curieux de découvrir la nouvelle édition de Mauvais genres, une émission radiophonique diffusée hebdomadairement sur France Culture, mais également disponible sur Internet à l'adresse suivante : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/mauvais_genres/index.php.

De semaine en semaine, différents spécialistes, réalisateurs ou auteurs évoquent (dixit le site) "l'actualité de tous les genres les plus douteux, de toutes les disciplines les plus déviantes, histoire de permettre à l'imaginaire de pâturer tout son soûl : polar, fantastique, science-fiction, érotisme et bandes-dessinées, quatre genres qui ont un public souvent en commun."

Également disponible en podcast, l'émission a abordé, au fil des années, des sujets fort intéressants, par exemple l'Atlantide, le fantastique au féminin, érotisme et censure, le théâtre du Grand-Guignol (1), le "cinéma X en question", le "comique désolant" (comédies pas drôles... qui deviennent drôles au deuxième degré - c'est le cas d'un certain nombre de comédies québécoises des années 70), la photographie et l'occulte, etc.Seul bémol qui n'engage que moi... Pour des raisons d'étiquetage, l'émission, à cause de son nom, a tendance à maintenir le ghetto entre la culture dite "lettrée" et la culture dite "populaire" alors que la réalité est infiniment plus complexe qu'une telle scission pourrait le laisser supposer. Il est clair - et cela a d'ailleurs été souvent démontré - que des échanges incessants ont lieu entre l'esthétique "populaire" et l'esthétique "artistique". Ces métissages sont d'ailleurs ceux qui aboutissent à une culture encore plus vivante, à mon sens, témoignant à la fois de la vitalité de la pop culture et de la recherche formelle propre à la culture plus intellectuelle.

Quoi qu'il en soit, grâce à des débats engagés et intéressants, l'émission Mauvais genres permet à ses auditeurs de nourrir une réflexion attrayante semaine après semaine, tout en les tenant au courant de plusieurs faits d'actualités non négligeables !

(1) Théâtre parisien fondé à la fin du XIXe siècle, le Grand-guignol avait une spécialité singulière : on y jouait des "pièces d'épouvante", axées sur la folie, le macabre, la peur, etc. L'un des dramaturges principaux de ce théâtre était André de Lorde, dont plusieurs pièces ont été rééditées au cours des vingt dernières années. L'expression "grand-guignolesque" n'a donc rien à voir avec l'humour. Il me fait souvent sourire d'entendre certaines personnes, dans les tribunes téléphoniques des médias, se servir de cet adjectif pour décrire la situation politique... sous-entendant qu'il s'agirait d'une forme de théâtre de l'absurde encore plus caricaturale que les spectacles de guignol. On est loin du compte !

26 janvier 2009

Sombre d'ailleurs sera en librairie en mars 2009

J'ai reçu aujourd'hui mes exemplaires d'auteur. Je suis très content du travail de l'éditeur (Triptyque), qui a mis en valeur la photographie de mon ami Jeffrey Allen Rydell (la plage emblématique de Pourville-les-Dieppe...)

On peut cliquer sur les photos pour mieux voir les détails.

03 janvier 2009

25 ans de cinéma de genre québécois

Bonne année 2009 !

Pour entamer cette nouvelle année, je vous livre le résultat de quelques recherches que j'ai faites cet automne.

Les lecteurs de ce blogue connaissent ma curiosité envers les films qui sortent de l'ordinaire. Quand ils sont québécois, ces films ont pour moi un cachet spécial. De voir, par exemple, une épidémie de rage dévaster Montréal dans Rabid (Cronenberg, 1976) a quelque chose d'assez singulier, d'autant plus que l'une des séquences se déroule dans un centre commercial où l'on peut apercevoir des repères familiers : pharmacies et boutiques bien connues, notamment.

La série B, par la liberté que lui conféraient ses devis minimaux (évitant aux réalisateurs trop d'interférences extérieures et un propos trop consensuel souvent déterminé par la recherche du profit propre à l'industrie du film "à gros budget"), était donc un lieu d'expérimentation où se croisaient parfois l'avant-garde (art et essai) et des visées plus populaires.

Beaucoup de livres et de fanzines ont été consacrés à diverses cinématographies nationales en ciblant un aspect spécifique : le cinéma d'épouvante espagnol, par exemple, les films fantastiques mexicains ou canadiens, etc. Cependant, aucun ouvrage ne s'est penché sur le cas de la série B québécoise, alors que ces films sont souvent étonnants (pour les raisons citées plus haut, à cause de l'inventivité dont doivent faire preuve certains réalisateurs pour pallier le manque de moyens, etc.)

Cet automne, j'ai parcouru différents ouvrages de référence pour dresser une liste des "séries B québécoises" auxquelles on devrait, un jour, consacrer un livre. Mon outil de travail principal : les recueils annuels publiés par l'Office des Communications Sociales (maintenant devenu Médiafilm) qui, chaque année, recensaient et critiquaient (d'un point de vue chrétien, moral et... "artistique") tous les films présentés dans la Belle Province. C'est Médiafilm qui attribue les cotes artistiques (de 1 à 7, 1 = chef-d'oeuvre, 7 = minable... cotes souvent discutables) qu'on trouve dans les horaires télé québécois.

Attention, attachez vos ceintures, voici la liste des films québécois relevant du cinéma dit "de genre", entre 1965-1990. Autant de visionnements qui peuvent s'avérer explosifs !

1965 :

CAÏN, de Pierre Patry
CARNAVAL EN CHUTE LIBRE.
PAS DE VACANCES POUR LES IDOLES (film rock'n'roll)

1966 :

LA DOUZIÈME HEURE Critique d'époque de Médiafilm : "Il est difficile de voir un plus piètre film que cette production canadienne. Le scénario se développe au mépris de toute logique, le montage est déficient de bout en bout et la photographie n'est jamais au point. On a l'impression d'une affaire réalisée à la va-vite par un médiocre amateur. L'interprétation va du cabotinage éhonté à l'inexpérience manifeste."
ILS SONT NUS
DES PAS SUR LA NEIGE (polar)
LES PLANS MYSTÉRIEUX (film d'aventures) Extrait de la critique d'époque de Médiafilm : "Farci d'invraisemblances et de naïvetés, le scénario semble être l'oeuvre d'un enfant de dix ans."
1967 :

MANETTE (mélodrame)

1968 :

PLAYGIRL KILLER

1969 :

LE GRAND ROCK (polar campagnard assez pittoresque)
VALÉRIE
DANGER POUR LA SOCIÉTÉ


1970 :

L'AMOUR HUMAIN
DEUX FEMMES EN OR
L'INITIATION
Q-BEC MY LOVE (critique de Médiafilm, à l’époque : « Exhibitionnisme grossier, expressions vulgaires et scènes outrageantes pour la religion font partie de cet ensemble caricatural et de mauvais goût »)
VIENS, MON AMOUR
VIVE LA FRANCE (comédie, selon Médiafilm : "Farce navrante où l'humour vole en rase-mottes [...]. L'intrigue avance par à-coups pour finir dans une confusion totale."
1971 :

APRÈS-SKI (comédie leste avec René Angélil, Daniel Pilon, etc.)
LES CHATS BOTTÉS (comédie psychotronique avec Donald Pilon)
FINALEMENT...
LE MARTIN DE NOËL (Marcel Sabourin en extra-terrestre)LES MAUDITS SAUVAGES
PILE OU FACE
SEPT FOIS... PAR JOUR (le titre, à lui seul, est tout un programme)
STOP (Film de J. Beaudin produit par l’ONF. Selon Médiafilm, « l’Office National du Film, organisme d’état, apporte sa petite contribution à la vague de sexploitation. Le héros de Stop se laisse aller à l’occasion à des rêveries d’un érotisme agressif ». On mentionne aussi « une scène irrévérencieuse d’un mauvais goût consommé » !
TIENS-TOI BIEN APRÈS LES OREILLES À PAPA
Y A PLUS DE TROU À PERCÉ1972 :

L'APPARITION. Selon Médiafilm, une « lourde comédie » qui comporte « de nombreux éléments vulgaires ». Avec René Angélil, Pierre Labelle et Claire Pimparé.
LE DIABLE EST PARMI NOUSUN ENFANT COMME LES AUTRES
IXE-13
LE P'TIT VIENT VITE

1973 :

AH ! SI MON MOINE VOULAIT (Film à skteches avec Gilles Latulippe, Marcel Sabourin et Louise Turcot. Selon Médiafilm, « l’imbécillité s’allie à la grossièreté dans une suite de récits égrillards […]. Le dialogue est d’une indigence manifeste ».
J'AI MON VOYAGE
LA LUNULE (voir mon avis sur ce film ici)
LA MAÎTRESSE (mélodrame)
MOURIR POUR VIVRE (mélodrame coté 7) Résumé de Médiafilm : « Un jeune metteur en scène se cherche des appuis financiers pour réaliser un film. Il finit par trouver deux associés dont l’un est un playboy et l’autre, un homosexuel ».
ON N'ENGRAISSE PAS LES COCHONS À L'EAU CLAIRE (polar)
SENSATIONS (mélodrame coté 7 : Baptiste Bayard s’évade de prison en prend une femme en otage. Critique d’époque : « Desroches [le comédien principal] grimace et gesticule de façon grotesque ».
TU BRÛLES, TU BRÛLES (comédie : un pompier refuse d’aller éteindre un incendie)
Y A TOUJOURS MOYEN DE MOYENNER
1974 :

LES DEUX PIEDS DANS LA MÊME BOTTINE (comédie burlesque avec Louise Portal et Gérard Vermette)
LA GAMMICK (polar)LA POMME, LA QUEUE ET LES PÉPINS (la comédie québécoise la plus redoutable que j'aie pu voir)
RENÉ SIMARD AU JAPON
Y A PAS D'MAL À SE FAIRE DU BIEN (comédie de mœurs avec Andrée Cousineau, réalisée par le Français Claude Mulot) Extrait de la critique de Médiafilm : « Fallait-il donc qu’un réalisateur et des comédiens français se dérangent pour venir tourner au Québec de telles insignifiances ? […] Cette piètre comédie abonde en plates plaisanteries égrillardes ».

1975 :

AHÔ... AU COEUR DU MONDE PRIMITIF (documentaire sensationnaliste)
LES AVENTURES D'UNE JEUNE VEUVE
FRISSONS (Cronenberg)
GINA
MUSTANG (western québécois étonnant avec Willie Lamothe)
UNE NUIT EN AMÉRIQUE
POUSSE MAIS POUSSE ÉGAL (Gilles Latulippe dans le rôle d’un maladroit notoire)
TOUT FEU, TOUT FEMME (Jean Lapointe en pompier obsédé)

1976 :

CINDY LA JUSTICIÈRE
JOS CARBONE (film post-apocalyptique québécois !)
1977 :

BRRR... (Film à sketches sur des chats maléfiques)
UNE ÉTRANGE PETITE FILLE
ILSA, TIGRESSE DE SIBÉRIE
RAGE (Cronenberg)

1978 :

L'ANGE GARDIEN

1980 :

LES CHIENS CHAUDS
LES JEUNES QUÉBÉCOISES

1981 :

LA REVANCHE DE MME BEAUCHAMP (fantastique coté 6)

1982 :

DEUX SUPER-DINGUES (coté 7) comédie. Critique d'époque de Médiafilm : "Après un premier essai d'une nullité affligeante, Les Jeunes Québécoises, Castravelli [le réalisateur] se montre en progrès vers l'insignifiance galopante. Mal bâti, mal photographié, mal joué, son deuxième film a tout du navet intégral. Il est difficile d'imaginer plus mauvais comédiens que les minables histrions qui tiennent le devant de la scène."
SCANDALE (comédie douteuse)
LES YEUX ROUGES (polar)

1983 :

UNE SENTENCE DIABOLIQUE avec Nanette Workman alias EVIL JUDGEMENT, polar coté 7


1984 :

FRANKENSTEIN 2000 (The Vindicator)

1985 :

ADRAMÉLECH, de Pierre Grégoire, drame fantastique
JUNIOR, film d'horreur coté 7

1986 :

LA GUÊPE, de Gilles Carle, polar douteux avec Chloé Ste-Marie
POUVOIR INTIME, polar d'Yves Simoneau
DOUBLE IMPASSE (alias KEEPING TRACK) polar avec Donald Pilon
MEATBALLS 3

1988 :

THE KISS, un film "à l'américaine" tourné à Montréal

1990 :

CARGO, film fantastique
MONTRÉAL INTERDIT, un "mondo movie" (documentaire sensationnaliste) coté 7 !
VENT DE FOLIE, polar de Michel Laflamme... coté 7 !
POUVOIR OBSCUR, alias CURSED, film fantastique de Mychel Arsenault... coté 7, tourné en anglais.

16 décembre 2008

Étonnant père Régimbald !

Quand j'étais à l'école primaire, quelque part au courant des années 80, un personnage singulier, le père Régimbald, s'était mis à dénoncer dans différents médias un "complot mondial" fomenté par des adeptes de Satan, les Illuminati, qui, prétendait-il, voulaient dominer le monde et préparer la venue de l'Antichrist [sic].

Assez impressionné par le fait de vivre à tâtons dans le monde occulte que dépeignait Régimbald, un monde de meurtres, de folie et d'apocalypse imminente, j'avais assisté à une conférence (donnée à la Maison de la Culture, qui s'appelait, à l'époque, le centre culturel) du religieux en question. Pendant 120 minutes, il avait projeté des pochettes d'albums sur écran géant, analysant les sous-entendus diaboliques de groupes assez inoffensifs qui, dans sa vision, prenaient des allures infernales. Que penserait-il aujourd'hui, s'il avait vécu assez longtemps pour connaître les groupes de metal norvégiens, autrement plus extrêmes et explicites que ce qu'il dénonçait (généralement à tort) comme un propagande masquée à la solde du diable !

Régimbald n'était pas le seul à combattre. Il existait aussi un petit livre assez pittoresque (Alain Lamothe, La musique rock : divertissement ou medium, Éditions Recherches, 1983) selon lequel le diable était partout. On dénonçait notamment le groupe québécois DANGER à cause des paroles suivantes, jugées inadmissibles : "Prends ta chance du côté de la démence"...(L'ami psyquébélique a d'ailleurs mis en ligne une chanson assez percutante de ce groupe ici. C'est grâce à lui que j'ai découvert qu'un collectionneur étonnant avait mis en ligne l'une des entrevues que Régimbald avait accordées à la télévision à l'époque (en 1983). On découvrira avec stupeur ce document d'archives très spécial...)Le père Régimbald à l'oeuvre

Et un blogue qui l'attaque.

Source de la photo de Danger : le bloque psyquébélique.

14 novembre 2008

La nuit soupire quand elle s'arrête

La nuit soupire quand elle s'arrête (cliquer sur l'image pour mieux voir les détails)...Autre nouveauté : mon article sur l'écrivain/cinéaste occulte Mario Mercier a été traduit en anglais. On peut le lire ici : esotikafilm.com (dans la section "Articles").

13 novembre 2008

Étrange, étrange marché aux puces : partie 2

Une autre visite au marché aux puces de Shawinigan a donné lieu à ce photo-reportage plus modeste que le précédent. Quelques bizarreries m'ont amusé une nouvelle fois, je les partage avec vous ici.

Pas de chance, cette fois, aucun livre étrange à signaler. Que des éditions poches de classiques et des éditions grand format de livres sans originalité particulière. Néanmoins, ce photo-roman avait un certain charme :Ce quatrième de couverture, tiré de la seconde biographie de Danielle Ouimet (il existe au moins 3 livres consacrés à "Valérie"), rappelle un certain jaunisme québécois des années 70 :Évidemment, une visite au marché aux puces manquerait de saveur sans l'assortiment habituel de disques vinyles improbables. Florilège :Fait particulier, l'endroit a deux étages (rez-de-chaussée + premier). Le premier étage est déconcertant. On a l'impression d'évoluer dans des limbes, dans quelque oubliette, quelque annexe improbable. L'escalier qui y mène ne paie pas de mine, une atmosphère morose plane sur l'endroit, silencieux et mal éclairé. Ambiance :L'un des amis qui m'accompagnaient pose fièrement devant une porte verrouillée qui dissimule on ne sait trop quoi. Le flou de la photo ajoute un petit quelque chose : on dirait qu'il s'agit d'un voleur en plein bal masqué.Cette visite dans l'un des antres du kitsch mauricien s'avéra donc plus sage que certaines des explorations précédentes. Seule une visite au haut lieu "polynésien" de Trois-Rivières, agrémentée d'un breuvage magique servi dans un verre en forme de crâne, pourrait peut-être y remédier...

02 novembre 2008

Comme un goût d'aurore sur une idée fixe

Ça y est, le livre est paru ! Il est disponible en librairie depuis quelques jours...

17 octobre 2008

La collection Angoisse des Éditions Fleuve Noir

Depuis longtemps, je recherche avec curiosité les volumes de la collection "Angoisse" du Fleuve Noir, collection qui, des années 50 à 70, fut le lieu de prédilection de fantastiqueurs talentueux qui pratiquaient une littérature surprenante, volontiers surréaliste et fort inventive. André Ruellan, Adrien Sobra (Marc Agapit), Jean-Pierre Andrevon, Pierre Pelot et bien d'autres y publièrent d'étonnantes oeuvres qui côtoyaient d'autres livres plus "approximatifs" mais néanmoins réjouissants, tel cet Ostal du Mystère (que j'accompagne ici d'une preuve : nous sommes deux, chez moi, à être fans de cette collection, comme le démontre avec éloquence cette image du chat jaune pris en flagrant délit d'amour du Fleuve Noir).Si d'aventure vous trouvez l'un des volumes de la collection, dans quelque marché aux puces ou quelque bouquinerie, n'hésitez pas à l'emporter avec vous. Peut-être y trouverez vous les qualités métaphysiques qui valurent à André Ruellan ces mots de Cocteau : "C'est une fête noire que de vous lire".

03 octobre 2008

SCALI, ÉDITEUR ROCK

Tout d'abord, merci de votre patience. Il est difficile pour moi de trouver le temps de mettre ce blogue à jour aussi souvent que je le souhaiterais. Obligations et publications... et il faut bien vivre, également.

En ce début d'octobre, je tenais à vous parler de l'éditeur français SCALI qui accomplit, je trouve, un boulot formidable depuis un ou deux ans. En effet, cet éditeur a fait paraître une foule d'ouvrages de référence sur des sujets passionnants, dans des formes parfois ludiques, parfois plus "sérieuses". Le résultat, à coup sûr, ne laisse pas indifférent et permet de découvrir des univers assez intéressants.

Quelques échantillons pour vous donner une idée :

- Dans son Concentré de contre-culture, l'auteur Bruce Benderson présente une foule de personnalités de l'underground mondial. Il y a aborde à peu près toutes les "marges" : culture gothique, bandes dessinées underground, punk, grunge, événements célèbres (le désastreux concert d'Altamont), le quartier mythique de Haight-Ashbury (San Francisco), etc. Chacune des entrées de ce dictionnaire se lit avec curiosité, d'autant plus que l'auteur personnalise souvent le propos en racontant des histoires qu'il a vécues. Grâce à cet intéressant et imposant Dictionnaire de la censure, on peut enfin savoir quoi lire et quoi voir (sourires...). Près de 600 pages qui s'intéressent à cette question encore épineuse. J'estime, chers lecteurs, que vous savez que, contrairement à une idée curieusement répandue, la censure n'est pas morte en 2008. En fait, le retour du conservatisme va de pair avec le musèlement du dicible. Ce dictionnaire se penche donc sur la question en étudiant plusieurs de ses manifestations. Rappelons qu'au Québec, le chercheur Pierre Hébert a publié deux études remarquables sur le sujet et qu'il a dirigé un énorme Dictionnaire de la censure au Québec : littérature et cinéma (720 p., chez Fides), ouvrage auquel j'ai eu le plaisir de participer.

La culture rock n'est pas en reste chez Scali, avec notamment, un livre sur la mythique formation Taxi-Girl paru en janvier dernier. Dans le domaine des grandes figures tragiques, n'oublions pas cet étrange Dictionnaire des destins brisés du rock qui nous présente autant d'Icares immolés sur l'autel de l'excès. On y retrouve des noms très connus (Brian Jones, Jim Morrison, etc.) et d'autres personnages moins célèbres mais tout aussi fascinants.

J'ai déjà glissé, sur ce blogue, quelques mots au sujet du Dictionnaire snob du cinéma. Il existe aussi un Dictionnaire snob du rock qui permet de savoir à quel point vous êtes (éventuellement) fan du rock et de son histoire, mais également la place que prend cette dimension dans votre vie... à tort ou à raison !... J'avais déjà deviné mon camp ! Au menu : Americana, country alternatif, Brill Building, "Le purgatoire des rockologues" (qui présente des figures honnies des fans du rock : "Les dix personnes que le rockologue se doit de haïr" !), "Les livres essentiels que tout rockologue doit avoir lus", "dix chefs-d'oeuvre oubliés", etc.Fait particulier, Scali n'oublie pas la culture gothique avec pas moins de 5 livres consacrés au domaine. On retiendra notamment le Dictionnaire gothic [sic] qui présente des figures et des oeuvres marquantes de cette esthétique, en littérature, en musique, au cinéma. Une lecture fort attrayante qui permet d'enrichir notre réflexion au sujet de ce courant culturel.

Le romancier Marc Dufaud a également consacré un essai aux Décadents français, un "mouvement" littéraire (en fait, on devrait plutôt parler d'une esthétique) qui se caractérisait par un attrait pour l'interdit, le faisandé, l'étrange, le hors-normes... On peut penser à des noms connus des littéraires (Huysmans ou Mirbeau, par exemple) ou à d'autres auteurs plus oubliés mais néanmoins fort intéressants, tel Jean Lorrain, chroniqueur mondain qui trempait sa plume acide à même l'éther qu'il utilisait pour visiter des paradis artificiels peu communs. Lorrain écrivit aussi plusieurs textes littéraires (romans, nouvelles, théâtre, poésie) qu'il illuminait d'un style intelligent et fort évocateur.

Autre livre particulier, le Dictionnaire diabolique permet de frayer avec l'occulte. Le genre de livres qui me fait me réveiller, la nuit, dans la maison au fond de l'impasse sans être trop certain de distinguer le réel de l'imaginaire... Lecture troublante qui nous présente le Diable dans plusieurs de ses manifestations : culture, philosophie, religion, bien sûr. On peut donc croire, comme l'affirme le titre de ce film que Jean Beaudin renia en 1972 - car le producteur l'avait remonté à son insu -, que Le Diable est parmi nous.
Les amoureux du cinéma ne sont pas délaissés par le biais de L'Enfer du cinéma, un livre consacré à tous ces films maudits que le destin semble poursuivre d'une main vengeresse. Films en proie à des problèmes de tout ordre : producteur fou, acteurs incontrôlables, destruction injustifiée, censure, etc. Hélas, on a oublié ce fameux Le Diable est parmi nous dont je parlais plus haut, rare cas de film québécois "occulte" avec, au menu, rien de moins Daniel Pilon, Louise Marleau et Danielle Ouimet... Plus un très étrange personnage satanisant que tout le monde surnomme "grand-mère". Le film de Baudin - je digresse, mais peu importe - se termine par une citation de Baudelaire et par des statistiques très bizarres au sujet de disparitions qui surviennent chaque jour dans le monde, disparitions qu'on attribue à la présence de sectes sataniques en quête de victimes à sacrifier. Récemment, SCALI publiait Dans les griffes de la Hammer, une thèse de doctorat (remaniée pour la publication) consacrée à la réception critique française des films de la célèbre firme britannique. Ce livre fort intéressant est rehaussé d'entretiens accordés par des journalistes et critiques importants. On signalera également le Dico du rock'n'roll au cinéma qui présente et fait découvrir un cinéma qui déménage, rock dans l'esprit ou dans la bande son. L'éditeur a bien résumé ce dont il s'agit : "films de plages, films de motards, films satanistes déviants, films bubble-gum avec des gauchistes sortis de Hanna & Barbera et folies psychédéliques sorties du swinging London… L'ouvrage propose un panorama de la culture pop au cinéma. Des films rock avec les Beatles, les Rolling Stones, les Pink Floyd, Elvis Presley, Les Sex Pistols et Led Zeppelin aux ovnis clinquants que sont Les Spotnicks, Tomorow, Slade, The Phynx, du cinéma d'auteur au cinéma d'exploitation.
Mods, punks romantiques, vampire hippies, femmes fatales pop art, blousons noirs et espions pour rire se rencontrent au sein d'une folle sarabande pop réunie pour la première fois dans un seul ouvrage."

Qui dit mieux ?

01 septembre 2008

Quelques nouvelles... et un dernier dossier Fantasia (FantAsia 2008)

Eh voilà, je suis redevenu professeur au Cégep de Trois-Rivières, ce qui équivaut à un temps de plus en plus restreint à mettre sur ce blogue... Mais j'y serai au moins une fois par mois... L'été a filé vite, très vite... Comme le chantait Jim Morrison : "Summer's Almost Gone". Mais il y en aura d'autres, bien sûr.

Une petite rubrique en vrac, donc. Confirmation : mes deux romans paraîtront en septembre ou octobre (Comme un goût d'aurore sur une idée fixe et La Nuit soupire quand elle s'arrête).

L'éditeur Triptyque a retenu pour publication mon dernier recueil de poésie, Sombre d'ailleurs, un livre sur lequel je travaille depuis 2004. Une belle collaboration en perspective pour cet ouvrage qui devrait paraître en 2009.

Mon petit mot sur Fantasia 2008 sera plus court que les articles précédents, afin de ne pas abuser des bonnes choses. L'expérience de juré fut agréable, et les films qui remportèrent le prix (animation + live action) le méritaient amplement, notamment un court-métrage canadien basé sur la musique de Johnny Hollow, fort évocateur...La semaine passée à Fantasia (du 5 au 11 juillet) fut électrique, un peu épuisante aussi. J'en suis revenu vanné, peut-être à cause du contraste saisissant entre la canicule qui régnait alors sur Montréal et les salles très climatisées. J'ai eu l'occasion de voir pas mal de films, d'une qualité inégale. Je ne blâmerai pas les programmateurs et l'équipe de Fantasia pour qui j'ai beaucoup d'estime, et qui doivent par ailleurs tenir compte de l'état actuel de la production filmique.

En vrac, et en bref :

- [REC], film espagnol précédé d'une excellente réputation dans la presse spécialisée. On le présentait comme très effrayant. C'est une belle réussite, dans un style en vogue depuis Blair Witch : le faux-reportage en direct. On suit une journaliste et une équipe de pompiers qui répondent à un appel d'urgence dans un immeuble. Ce qu'ils y découvriront est assez étonnant. Climat d'hystérie, action non-stop, de vraies montagnes russes pour fans de sensations fortes. La finale est particulièrement réussie, car elle nous conduit vers des voies insoupçonnées. [REC] est essentiellement un "divertissement", mais très bien fait.- Who's That Knocking on My Door (Corée). Je ne retiens pas grand-chose de ce film, sinon un souvenir déjà très vague. Le sujet, c'est l'humiliation que peuvent ressentir certains jeunes... Bah... Ça avait un certain potentiel, mais vraiment, je n'ai pas grand-chose à dire sur ce film un peu mou et ennuyeux.- Timecrimes (Los Cronocrimenes), film espagnol. J'adore le cinéma espagnol, mais ce film n'est pas marquant. Un concept déjà vu : les voyages dans le temps et les paradoxes temporels, le tout traité de façon légère, comme une comédie. C'est regardable, relativement divertissant, mais somme toute assez superficiel. L'équivalent espagnol d'un film d'été américain - on annoncerait un remake hollywoodien que je ne serais pas surpris. On peut préférer, comme ce chat, un vieux Fu Manchu réalisé par Jess Franco : - Before the Fall (3 Dias). Film espagnol, encore. L'identité culturelle espagnole, l'humour féroce, l'inventivité qu'on retrouve souvent dans ces productions n'était pas au rendez-vous. On parle ici des derniers jours qu'un groupe de personnes vit avant une catastrophe naturelle : un météorite va s'écraser sur la Terre, causant des ravages... Curieux film dont le sujet avait, encore une fois, un potentiel véritable... Résultat discutable, épars, pas très intéressant. Pour s'en remettre, quoi de mieux qu'un tour dans l'un des pubs irlandais qu'on trouve dans le coin ? - Mother of Tears (Dario Argento). Argento, si vous ne le connaissez pas, est une référence en matière de thriller à l'italienne. On l'a parfois surnommé le Hitchcock italien. Si les deux hommes ont un style somme toute différent, l'image nous permet de saisir un peu le contexte. Dans les années 70, Argento a signé plusieurs films d'une grande qualité formelle, notamment PROFONDO ROSSO et SUSPIRIA, deux véritables chefs-d'oeuvres baroques. Les années 80 ont aussi vu leur lot de films intéressants. Puis, depuis les années 90, Argento s'est mis à péricliter de façon de plus en plus alarmante, réalisant des films aseptisés, maladroits, peu convaincants... Quelques soubresauts de temps en temps, mais la tendance était vraiment au déclin. Mother of Tears, c'est un peu le clou dans son cercueil de cinéaste. Un film approximatif, décousu... La salle croulait de rire. À vrai dire, la quasi-totalité du film est ratée. On a beau tenter de le prendre par tous les côtés (montage, interprétation, musique, scénario, etc.), le bilan est le même : très mauvais... Mon avis :- Let the Right One In (Suédois). Un film de "vampires" assez original et minimaliste, tourné dans des décors enneigés, avec une lenteur poétique. J'avoue que la perspective d'aller voir un "film de vampires" ne m'emballait pas - le sujet me paraît archi-usé. Je suis sorti de la salle en reconnaissant de belles qualités à cette production toute en douceur, subtile...

- Sparrow (Film chinois du réalisateur Johnnie To, très estimé des cinéphiles). Un bel exercice de mise en scène, fluide et élégante. Par contre, le contenu est très superficiel. On en sort en ayant vu de belles images, mais ce n'est rien de transcendant.- Wide Awake (Film coréen). Sujet solide, basé sur une réalité perturbante : pendant certaines opérations chirurgicales, l'anesthésie ne fonctionne pas auprès de rares patients. Ils subissent alors un véritable traumatisme, puisque rien ne permet aux médecins de détecter que le patient est conscient de l'opération ! Sujet très, très noir, donc, pour un traitement plus grand-guignolesque qu'autre chose, avec retournements de situation et scénario inutilement compliqué.- Mad Detective, toujours de Johnnie To, plus engageant, cette fois, avec un personnage original, celui d'un inspecteur (à la retraite) plus ou moins fou, dont les réactions sont imprévisibles. L'homme, par exemple, semble vivre dans le déni : son épouse l'a quitté, mais il refuse de l'admettre et agit encore comme si elle était avec lui. En fait, il la voit véritablement en train de lui parler. Ce n'est pas là l'élément central du scénario, mais c'est celui qui m'est apparu le plus riche en possibilités dramatiques, justement parce qu'il nous montre que, d'une certaine façon, on vit dans l'univers mental qu'on choisit de se créer. Alors, en fin de compte, s'agit-il de déni ou notre Mad Detective voit-il réellement son épouse ?- Epitaph (Corée). Il s'agit d'une sorte de film à sketches, esthétiquement magnifique. Le rythme est lent, le propos et le traitement n'ont rien de forcément engageant, mais, ne serait-ce que pour son esthétique et son travail sur l'image, le résultat est agréable.-The Objective (USA). Réalisé par Daniel Myrick (Blair Witch). Autant j'avais aimé Blair Witch - et même sa suite -, autant cet Objective m'a paru long et sans intérêt. Impression partagée par les amis qui étaient avec moi. On dirait le scénario d'un mauvais épisode de X-Files, mais sans Mulder et Scully. Mouais...- Home Movie (USA). Étonnant ! Encore un film qui emploie la technique "faux document". Cette fois, il s'agit d'enregistrements faits au caméscope par un père qui immortalise certaines scènes de la vie quotidienne de sa famille... plutôt perturbée. Résultat décapant, mais original et imprévisible. Une sorte de cauchemar, feutré par moments... Un miroir déformant dans lequel on peut se regarder avec une fascination trouble.

En mettant de côté les courts-métrages, mes deux favoris, cette année, sont donc [REC] et Home Movie.

Merci de m'avoir lu, et à bientôt.