25 février 2011
31 janvier 2011
Lectures et nouvelles hivernales
Comme les autres blogueurs le savent, il peut parfois être essoufflant de tenir un blogue, même de façon mensuelle comme c'est le cas pour moi. D'une certaine manière, le temps d'écriture est toujours du temps volé et, comme il est souvent rare, le temps consacré à un blogue devient doublement spolié - aux obligations quotidiennes et à l'écriture. En même temps, l'exercice n'est pas désagréable et correspond à une autre forme de communication.
Alors, quoi de neuf ?
Comme toujours, beaucoup de projets et trop peu de temps. Des films, des albums et des livres. Un environnement stimulant, aussi : beaucoup d'amis verront bientôt leurs nouvelles publications en librairie. Ainsi, j'ai bien hâte de tenir entre mes mains la novella d'Ariane, L'enfant sans visage (XYZ, à paraître ce printemps), un roman de science-fiction à l'imaginaire généreux et aux images fortes. J'ai vu, non sans émotion, avec quelle ferveur et quel dévouement Ariane s'est consacrée à ce livre. Mon ami Michel Châteauneuf publiera aussi (même éditeur, même collection !) une novella réaliste qui nous replonge dans les années 1980 : Bad Trip au 6e Ciel. La créativité stimule la créativité, aussi est-ce fort agréable d'évoluer dans un environnement où la création est primordiale.
En ce moment, je termine la lecture d'Entre les bras des amants réunis, de Claude Bolduc, ouvrage que j'apprécie pour la rigueur de son écriture (certains textes bénéficient d'une grande recherche formelle, par exemple "Le Masque", la novella qui donne son titre au recueil ou l'extraordinaire pastiche de Jean Ray qui clôt l'ouvrage de façon remarquable) et pour le talent de Bolduc à créer une atmosphère dense. Cette ambiance est souvent empreinte d'une tristesse de laquelle n'est jamais exempte la luminosité que dispensent les relations humaines (l'amitié semble être l'un des thèmes de prédilection de l'auteur, thème qu'on retrouvait également dans son roman-jeunesse Là-haut sur la colline).
Enfin, autre lecture en cours : L'Envers du rock, de Nick Kent, qui propose au lecteur une série de portraits corrosifs de rock-stars chancelantes qu'il a suivies au cours de leurs dérives. Kent a mis une écriture lucide et souvent très drôle au service de chapitres consacrés à des icônes décrites dans des situations peu glorieuses. Kent s'est efforcé d'être le plus juste possible, sans complaisance, mais sans animosité non plus. Après avoir risqué de graves blessures à cause de Sid Vicious (du légendaire groupe punk The Sex Pistols) et avoir été intimidé par Shane Mac Gowan (The Pogues), il tâche de peser le pour et le contre avec le plus d'équité possible. Lecture fort intéressante, à coup sûr, dont ces mots de Joël Houssin, justement, rendraient compte avec pertinence :
"Gardons-nous d'être secs avant l'âge. Qu'éclate le rire dans nos lignes et que dansent les morts-vivants !"
Alors, quoi de neuf ?
Comme toujours, beaucoup de projets et trop peu de temps. Des films, des albums et des livres. Un environnement stimulant, aussi : beaucoup d'amis verront bientôt leurs nouvelles publications en librairie. Ainsi, j'ai bien hâte de tenir entre mes mains la novella d'Ariane, L'enfant sans visage (XYZ, à paraître ce printemps), un roman de science-fiction à l'imaginaire généreux et aux images fortes. J'ai vu, non sans émotion, avec quelle ferveur et quel dévouement Ariane s'est consacrée à ce livre. Mon ami Michel Châteauneuf publiera aussi (même éditeur, même collection !) une novella réaliste qui nous replonge dans les années 1980 : Bad Trip au 6e Ciel. La créativité stimule la créativité, aussi est-ce fort agréable d'évoluer dans un environnement où la création est primordiale.
Sans doute à cause d'Ariane, qui est l'une lectrice les plus assidues que je connaisse, j'ai aussi intensifié mes lectures, depuis un an. Parmi celles-ci, un ouvrage se démarque, à titre de montagne russe infernale : L'Écho des suppliciés, de Joël Houssin, roman qui déploie tous les moyens possibles pour atteindre une sorte de zénith dans l'horreur. L'auteur a mis au service de son récit une plume-scalpel qu'il trempe dans le sang, non sans faire preuve, au détour de quelques passages, d'un humour féroce. Clairement, et au delà du cliché, l'ouvrage n'est pas à mettre entre toutes les mains. Plus qu'une simple charge "gore", il repose sur des bases métaphysiques quant à la souffrance humaine et à ses répercussions. N'empêche : le livre exhale une odeur de terre incendiée. Je me demande ce qu'en auraient pensé les exégètes de Sade ou les surréalistes.
En ce moment, je termine la lecture d'Entre les bras des amants réunis, de Claude Bolduc, ouvrage que j'apprécie pour la rigueur de son écriture (certains textes bénéficient d'une grande recherche formelle, par exemple "Le Masque", la novella qui donne son titre au recueil ou l'extraordinaire pastiche de Jean Ray qui clôt l'ouvrage de façon remarquable) et pour le talent de Bolduc à créer une atmosphère dense. Cette ambiance est souvent empreinte d'une tristesse de laquelle n'est jamais exempte la luminosité que dispensent les relations humaines (l'amitié semble être l'un des thèmes de prédilection de l'auteur, thème qu'on retrouvait également dans son roman-jeunesse Là-haut sur la colline).
Enfin, autre lecture en cours : L'Envers du rock, de Nick Kent, qui propose au lecteur une série de portraits corrosifs de rock-stars chancelantes qu'il a suivies au cours de leurs dérives. Kent a mis une écriture lucide et souvent très drôle au service de chapitres consacrés à des icônes décrites dans des situations peu glorieuses. Kent s'est efforcé d'être le plus juste possible, sans complaisance, mais sans animosité non plus. Après avoir risqué de graves blessures à cause de Sid Vicious (du légendaire groupe punk The Sex Pistols) et avoir été intimidé par Shane Mac Gowan (The Pogues), il tâche de peser le pour et le contre avec le plus d'équité possible. Lecture fort intéressante, à coup sûr, dont ces mots de Joël Houssin, justement, rendraient compte avec pertinence :"Gardons-nous d'être secs avant l'âge. Qu'éclate le rire dans nos lignes et que dansent les morts-vivants !"
01 janvier 2011
Jean Rollin (1938-2010)
Son œuvre littéraire est hélas moins connue que ses films, mais elle constitue l’une des portes d’entrée majeures dans son monde. Jean Rollin a en effet écrit plusieurs romans, nouvelles, essais et préfaces, en plus de signer le scénario d’une BD (Saga de Xam) et de rédiger, récemment, ses mémoires. Fait moins connu, il fut aussi un animateur littéraire tenace, qui dirigea pas moins de quatre collections (« Lumière noire », « Frayeur », « Poche Revolver Fantastique » et, la dernière, ma favorite : « Les Anges du Bizarre », pour l’éditeur Sortilèges, dans le cadre de laquelle il réédita les sulfureux George Maxwell et Max Roussel, en compagnie d’inédits de qualité, comme un étonnant roman d’Anne Duguël : Mon âme est une porcherie). Son travail de directeur de collection lui permit en outre de révéler des écrivains talentueux comme Pascal Françaix.Par la suite, Jean participa à l’édition 2007 du festival Fantasia, où il présenta La nuit des horloges, film biographique émouvant, d’une grande lucidité, annonçant déjà le décès à venir de son créateur. À cause d’ennuis de santé dont il souffrait depuis les années 90, Jean Rollin était très conscient du peu de temps dont il disposait, et ce constat se dégageait de ses derniers travaux. Cette édition de Fantasia nous permit, à mon ami Patrick et à moi, de réaliser une longue entrevue lors de laquelle nous nous sommes efforcés de poser des questions auxquelles n’avaient pas songé les journalistes qui l’avaient jusqu’alors rencontré. Jean nous parla avec enthousiasme de l’éditeur Éric Losfeld, des romans noirs français de l’après-guerre, des surréalistes et de beaucoup d’autres sujets, avant de s’éclipser subitement dans sa chambre d’hôtel pour en revenir aussitôt, porteur de cadeaux qu’il avait amenés avec lui.
Mon ami Simon Laperrière, qui fut l’un des artisans majeurs de la venue de Jean Rollin à Montréal, en 2007, a écrit ici un texte émouvant à son sujet.Pour ma part, de son vivant, j’eus l’occasion de lui rendre hommage à deux reprises. D’abord, en 1998, dans l’un des derniers numéros de la revue québécoise imagine…, où un dossier lui fut consacré, assorti d’une nouvelle et d’une entrevue réalisée en 1996. En 2001, Pierre Charles (le regretté fondateur de Cine-Zine-Zone) me contactait aussi pour solliciter des textes au sujet de Jean Rollin. Ils parurent dans le numéro 134 de ladite publication. Dans la «lettre ouverte à Jean Rollin» que contient ce numéro, j’écrivais entre autres :
« Vos œuvres détonnent lorsqu’on les compare à trop de films ou de romans fantastiques actuels, finalement encore plus banals et terre-à-terre que les romans les plus réalistes, car le fantastique y est toujours considéré comme un intrus qu’il faut exterminer, comme un élément indésirable qu’on combat avant de regagner le calme bourgeois d’une existence rassurante et cartésienne.
Au contraire, vous ouvrez les digues de l’imagination : vous instaurez une réalité cent fois plus chatoyante que l’autre, la « réalité » conventionnelle. Quand on lit vos romans, on ne sait jamais ce qui va arriver, car tout peut y survenir. Déjà, dans les années 60, vous définissiez ainsi le fantastique : n’importe quoi peut arriver n’importe quand.Notre ami Mario Mercier a déjà écrit : « Tout ce que l’homme imagine existe déjà dans le rêve de création de l’Esprit universel ». Les orphelines vampires existent, c’est sûr, comme tous les autres, leurs amis Fantômas, le Fantôme de l’Opéra, « Valérie au pays des merveilles » ou les deux jeunes filles de Mais ne nous délivrez pas du mal, ce très beau film de Joël Séria qui rappelle constamment votre œuvre.
Je ne saurais la résumer en quelques phrases, car c’est avant tout une aventure, une expérience sur laquelle il devient difficile de porter un jugement tant elle est intériorisée. Vos films et vos livres contiennent autant de moments inoubliables vécus avec des personnages qui m’ont parlé comme trop rarement dans ma vie.
Merci, Jean, de continuer à écrire et à filmer… »
Finalement, la revue québécoise Contamination (hélas elle aussi disparue) devait contenir une autre entrevue, prévue pour un numéro qui ne parut jamais. Ces entretiens inédits seront sans doute publiés un jour, préservant la mémoire et la voix de Jean. Nous pourrons alors converser avec lui une dernière fois, au cours d’une promenade onirique que nous ferons en compagnie d’étranges femmes-vampires, de petites ogresses, de forains intemporels et de tous ceux qui jamais ne refuseront d’apercevoir, même en plein jour, les ailes de l’Ange du Bizarre jeter leur grande ombre sur les certitudes que l’on croyait immuables.***
Bonne année à tous. Qu'elle soit riche en bonnes surprises et remplie de créativité...
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23 décembre 2010
Noël félin
03 décembre 2010
Le cinéma fantastique mexicain
En ce mois de décembre, quoi de mieux pour nous réchauffer que le soleil du Mexique ?Étant de longue date fan du cinéma populaire mexicain, j'ai décidé de vous présenter deux films de cette cinématographie nationale haute en couleurs. Les amateurs de surréalisme et de cinéma-délire y trouveront certainement leur compte.
Quiconque a déjà expérimenté les joies du cinéma populaire mexicain a déjà une idée de Ladron de cadaveres (en français : Le monstre sans visage !), ce film d’épouvante typique du genre. On y retrouve un lutteur masqué, un savant fou, une secrétaire amoureuse, des policiers maladroits, un laboratoire qui accueille des expériences douteuses, du mélo, du catch, un monstre, etc.
Le scénario nous présente un savant (fou naturellement), qui souhaite conquérir le monde (comme beaucoup de savants fous, d'ailleurs !). Son plan : s’emparer de lutteurs, les lobotomiser afin de pouvoir les dominer complètement et, avec cette armée, commencer son plan de domination !Rien de bien sérieux, donc, pour le spectateur, surtout que la bande en question a (bien) vieilli et, avec l’âge, s’est installée une tenace propension à prendre l'ensemble au second degré. Les combats de catch sont curieusement violents, l’humour bon enfant y règne, et le look du monstre est à lui seul tout un programme.

Le noir et blanc glorieux de l’époque éveille parfois des réminiscences gothiques teintées d’expressionnisme, particulièrement quand l’ombre géante du monstre se découpe sur un mur devant lequel s’enfuit une foule terrorisée. Exemple parfait du film « de série B » et psychotronique à regarder entre amis pour rigoler. La brève durée de la chose (68 minutes en VF, probablement coupée par rapport à la version en espagnol qui dure 12 minutes de plus) rend le visionnement encore plus intense, et l’on se retrouve bouche bée devant une fin abrupte et déroutante, malgré son caractère paradoxalement conventionnel.
Le doublage français est assez amusant. Par exemple, dans un bureau de police, un policier s’écrie en voyant la photo d’un inconnu : « Lui, c’est un maniaque, ça ne fait aucun doute ». Comme quoi les forces de l’ordre mexicaines sont douées de clairvoyance ! Le réalisateur Fernando Mendez s’est surtout illustré dans ce genre fantastique, avec des films comme The Living Coffin, Los Diablos del terror ou Misterios de ultratumba !
Si vous avez envie d'un plat plus relevé, que dire de Night of the Bloody Apes (Le titre original, La horripilante bestia humana se traduirait savoureusement en français par : L'horrible bête humaine) ? Ici aussi, on retrouve les éléments essentiels du film mexicain «commercial», à savoir : lutteurs (lutteuses, dans le cas présent), aspect pulp tout droit sorti d’un feuilleton, mélo, coups de théâtre invraisemblables et une bonne dose d’absurdité et d’humour involontaire.
Ce titre fut réalisé par René Cardona, figure emblématique de la série B mexicaine, réalisateur protéiforme dont le fils a continué d’assumer la bizarre succession, à l’instar de Lamberto Bava. Cardona réutilise souvent les mêmes motifs et les mêmes thèmes. Night of the Bloody Apes, par exemple, constitue le re-make mis à jour à la saveur 70s (lire : plus délibérément audacieux dans la représentation de la violence et de l'érotisme) de son Doctor of Doom de 1962 – un meilleur film, à mon avis, d’ailleurs - lui aussi doté d'un titre original assez inoubliable : Las Luchadoras contra el médico asesino (Les lutteuses contre le médecin meurtrier).
En cette année 1971, il fallait satisfaire un public devenu de plus en plus blasé, en quête de sensations fortes. Cardona s’efforce de remplir son mandat à l’aide de stock-shots d’une opération chirurgicale peu finement amenés (plan : un homme tient le visage de l’opéré et un autre s’agite vers le cœur ; contre-plan : quatre mains de vrais médecins sont au travail), de crimes commis par le « singe sanglant » du titre, d’effets gore aussi primaires qu’agressants et de femmes qui sortent de la douche (le réalisateur en utilise si souvent que ce motif, a priori conventionnel, finit par étonner).
Si vous avez envie d'un plat plus relevé, que dire de Night of the Bloody Apes (Le titre original, La horripilante bestia humana se traduirait savoureusement en français par : L'horrible bête humaine) ? Ici aussi, on retrouve les éléments essentiels du film mexicain «commercial», à savoir : lutteurs (lutteuses, dans le cas présent), aspect pulp tout droit sorti d’un feuilleton, mélo, coups de théâtre invraisemblables et une bonne dose d’absurdité et d’humour involontaire.
Ce titre fut réalisé par René Cardona, figure emblématique de la série B mexicaine, réalisateur protéiforme dont le fils a continué d’assumer la bizarre succession, à l’instar de Lamberto Bava. Cardona réutilise souvent les mêmes motifs et les mêmes thèmes. Night of the Bloody Apes, par exemple, constitue le re-make mis à jour à la saveur 70s (lire : plus délibérément audacieux dans la représentation de la violence et de l'érotisme) de son Doctor of Doom de 1962 – un meilleur film, à mon avis, d’ailleurs - lui aussi doté d'un titre original assez inoubliable : Las Luchadoras contra el médico asesino (Les lutteuses contre le médecin meurtrier).
En cette année 1971, il fallait satisfaire un public devenu de plus en plus blasé, en quête de sensations fortes. Cardona s’efforce de remplir son mandat à l’aide de stock-shots d’une opération chirurgicale peu finement amenés (plan : un homme tient le visage de l’opéré et un autre s’agite vers le cœur ; contre-plan : quatre mains de vrais médecins sont au travail), de crimes commis par le « singe sanglant » du titre, d’effets gore aussi primaires qu’agressants et de femmes qui sortent de la douche (le réalisateur en utilise si souvent que ce motif, a priori conventionnel, finit par étonner).
Du coup, on se trouve face à un curieux hybride : le canevas du cinéma mexicain bon enfant et naïf, auquel se greffent des images destinées à un public averti. Le lien qui unit ces éléments est bien entendu l’humour involontaire qui permet à Night of the Bloody Apes de n’être absolument pas traumatisant. Le scénario suffirait à vous éclairer:
Julio, Le fils du brillant médecin Krauzman est très malade et va mourir. Le père inquiet a une idée : pourquoi ne pas lui greffer le cœur d’un gorille ? Or, il n’a pas prévu un hic : une fois greffé, son fils se transforme en singe dément qui tue tout ce qui bouge, redevenant un humain de temps en temps (à la Jekyll et Hyde ou encore, pour les lycanthrophiles parmi vous, à la façon d’un loup-garou). Parallèlement à cette première histoire se déroule celle d’une lutteuse qui a plongé une adversaire dans le coma sans le vouloir. Rongée par les remords, elle songe à abandonner sa carrière…
Comme film « psychotronique », on ne fait pas mieux, et Night of the Bloody Apes, pour peu qu’on soit disposé à l’accueillir dans des conditions favorables, peut créer une certaine euphorie, grâce au jeu imperturbable des acteurs, au doublage anglais, à l’aspect incroyablement bizarre du mélange (stock-shots + effets gore douteux + scénario pulp + musique mélodramatique + combats de catch, etc.). Les surréalistes auraient apprécié. Peut-être que cela sera votre cas ?
Passez de joyeuses fêtes...
09 novembre 2010
À la découverte des régions inexplorées du Québec
- Billet écrit en collaboration avec Ariane
Toujours en quête de lieux inédits et de sensations inusitées, nous vous proposons ce mois-ci une visite guidée de l'arrière-pays québécois, mauricien qui plus est, à la découverte d'un village pittoresque et peu connu : Parent.
En effet, cette fin de semaine, nous avons quitté Trois-Rivières pour prendre le train à Shawinigan, en direction de ce petit village isolé en Haute-Mauricie, à mi-chemin entre La Tuque et Senneterre, en Abitibi. Il est intéressant de savoir que le village a été fondé à l'époque de la construction du chemin de fer national transcontinental, débutée en 1908, pendant le développement de l'Abitibi-Témiscamingue. Le premier train desservit Parent en 1913, puisque le village devint pour un temps un terminal (point d'arrêt) important.
Puisque avec nous, les fantômes ne sont jamais loin, cédons-leur la place avant qu'ils ne se fassent trop insistants. Selon une légende, plusieurs travailleurs sont apparemment morts pendant la construction de la voie ferrée, des plus pénibles. Pour ajouter au décorum, des cadavres d'ouvriers auraient même servi ici et là de ballast aux rails! Sur l'image, nous pouvons d'ailleurs repérer, non pas les victimes, mais plutôt les différentes lignes de chemin de fer encore accessibles aux passagers (dans notre cas, nous avons emprunté le trajet en gris).
Puisque avec nous, les fantômes ne sont jamais loin, cédons-leur la place avant qu'ils ne se fassent trop insistants. Selon une légende, plusieurs travailleurs sont apparemment morts pendant la construction de la voie ferrée, des plus pénibles. Pour ajouter au décorum, des cadavres d'ouvriers auraient même servi ici et là de ballast aux rails! Sur l'image, nous pouvons d'ailleurs repérer, non pas les victimes, mais plutôt les différentes lignes de chemin de fer encore accessibles aux passagers (dans notre cas, nous avons emprunté le trajet en gris).
À l'époque de la fondation de Parent, en 1910, le train desservait donc les différents hameaux établis tout au long des quelques centaines de kilomètres de rails. Aujourd'hui, la plupart de ces villages ont été reconvertis en chalets pour vacanciers, à quelques exceptions près : Wendigo, Weymontache, Clova et... Parent. Mais la carte porte encore des traces de l'existence de ces anciennes agglomérations, comme nous pouvons le voir ici :
Nous avons donc pris le train le vendredi pour un voyage de près de six heures. Il pleuvait lors du départ à Shawinigan, comme le montre ce cliché de la gare :En chemin, Ariane, en bonne diablesse, ne peut résister à la tentation de prendre des photos du paysage, qui donne l'impression de se balader en pleine forêt ou au bord d'un lac. Par moments, nous avons également l'illusion, tant les arbres et les rochers sont à proximité, qu'ils vont nous percuter à travers les fenêtres. Quelques images éparses du trajet :
Ici, l'isolement est presque complet... Difficile d'imaginer l'existence de tous ces habitants, au milieu de nulle part, au début du siècle dernier...
Correction de dissertations à bord... Pendant ce temps, Ariane corrige une nouvelle sur le Wendigo.
Nous arrivons finalement à Parent, dont les rues sont recouvertes de plusieurs centimètres de neige, à notre étonnement. Nous ne sommes après tout que le 5 novembre et avons pris le train sous l'averse...
La preuve (traces de pas suspectes découvertes en arrivant, qui conduisaient à l'antre d'un Wendigo) :

Ici, la connexion Internet est hasardeuse, d'une lenteur considérable. Soulignons pour l'anecdote que l'ensemble de la population n'a eu accès au signal de télévision qu'en... 1973.


Sur l'affiche : un concours de panaches !
L'ancienne quincaillerie de la ville... Comme nous l'apprendra notre visite, le village a déjà connu des temps plus prospères... Aujourd'hui, il ne reste en guise de commerces que deux stations services, une épicerie, des dépanneurs et différents lieux d'hébergement, avec leurs restaurants respectifs.


D'intrépides grizzlis cheminent le long de la façade rose de cette maison.
En chemin, outre les nombreuses maisons à vendre, nous croisons plusieurs demeures à l'abandon, aux vitres souvent cassées, laissées telles des ruines offertes aux assauts du temps... Sur la rue Principale, l'impression d'avancer dans une ville fantôme devient parfois persistante.
Quelques exemples :
La rivière... Les effets du froid, vraiment mordant, se font sentir après plus de deux heures de promenade... Regagnons sagement le motel placé sous la protection de l'orignal totémique.
Le lendemain matin, le retour approche, nous regagnons finalement la gare de Parent. Le Wendigo a encore sévi cette nuit :
Attente près des rails...
Le voyage aura permis de découvrir une région méconnue du Québec, dont l'isolement permet aussi d'échapper au rythme urbain qui est habituellement le nôtre.En espérant que la promenade et ses images vous ont été agréables et vous ont permis de voyager dans les rues prématurément enneigées de Parent !
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