09 juin 2008

Quelques nouvelles : La rédaction de Ferme ta gueule ! avance. Ce titre me fait décidément sourire...

Les négociations à propos de La nuit soupire quand elle s'arrête se poursuivent.

Je termine en ce moment la lecture d'un roman d'André Héléna, Le Bon Dieu s'en fout, un roman noir existentialiste plus engagé que ses précédents (qui l'étaient quand même : Le Festival des macchabées et Les Salauds ont la vie dure font, d'une certaine manière, l'apologie de la liberté et de l'anarchie qui s'ensuit). C'est le livre de la déveine, de la pluie, du cafard... avec un humanisme très présent qui transparaît à chaque page, malgré le ton blasé du narrateur qui, de temps en temps, s'estompe pour laisser place à une lucidité et à une fragilité d'être blessé par la solitude, l'incompréhension et un destin difficile. Héléna décrit souvent des personnages en proie à des situations difficiles, mais, dans ce dernier livre, il atteint un sommet dans le domaine : on a vraiment l'impression de sentir une sorte de piège se refermer...
Je connais peu la biographie d'Héléna ; je parle en fait de ses années de formation. Quelle enfance a-t-il eue ? Jusqu'à quel point ce qu'il décrit de son personnage (père alcoolique, mère prostituée, enfance vécue dans un bled ouvrier gris et lourd) est-il vrai ? Disons que ça sonne quand même très véridique... L'écriture est comme toujours, fort intéressante. Il y a des comparaisons surprenantes, des liens étonnants entre des idées apparemment disparates ou qui ont peu en commun... En somme, le roman ne raconte pas énormément d'événements, tout est dans l'ambiance, dans les dialogues, dans les descriptions, dans le ton...

En parallèle, je lis la biographie "officielle" du groupe Siouxsie & the Banshees. Ce livre fait revivre un autre nihilisme, celui de l'Angleterre de la fin des années 70. Ce sont les jeunes de cette génération qui ont payé, en quelque sorte, pour l'insouciance hippie des 60s. Le bilan n'est pas beau : désespoir, révolte, impression d'être pris... Malgré cela, le "personnage" de Siouxsie est assez intéressant, avec, notamment, son intérêt pour l'oeuvre de Chas Addams ou pour Emma Peel. Bien des choses s'expliquent alors tout simplement... Au point où j'en suis (1977), il n'est pas encore question de "gothique", mais cela viendra inévitablement.
Autre nouvelle fondamentale pour moi : la parution, ce mois-ci, en CD, de l'album de Dennis Wilson Pacific Ocean Blue, dans une édition "De luxe" (2 CD), avec livret, etc. C'est très émouvant (pour moi, bien sûr). Dennis Wilson était le batteur des Beach Boys, le seul surfeur du groupe, d'ailleurs. C'était, au cours des années 60, le "beau gars" du groupe, avec une gueule carrée et virile, un sourire charmeur. À côté de ses frères Carl (petit gros en retrait) et de Brian (songwriter torturé et en proie au doute), Dennis faisait le poids. On avait aussi l'impression que c'était le "superficiel" du groupe, celui qui passait ses journées à s'amuser et à draguer les filles. Puis, l'âge et venu, l'âge et ses blessures. Dennis a entre autres connu Charles Manson et son groupe. Manson avait d'ailleurs mis la tête de Wilson à prix ! Wilson prit ses distances bien avant les événements de 1969... mais ce genre de situations laisse des traces.

Il aurait voulu d'une vie sentimentale plus stable, mais le destin en voulut autrement. Cela se soldait par blessure sur blessure... et, tout à coup, par des chansons. Les premières (fin des années 60) étaient un peu approximatives, comme des pratiques, puis, tout à coup, elles prirent de l'ampleur, une force mélancolique peu commune et très différente de ce que Brian Wilson écrivait. Dennis travaillait beaucoup au piano, par exemple. L'un des résultats concrets fut l'album Pacific Ocean Blue, vraiment majestueux, paru à la fin des années 70, et réédité "à la sauvette" au début des années 90 (épuisé depuis longtemps, il va sans dire).

Comme il fumait pas mal, sa voix s'est fêlée, éraillée, jusqu'à devenir presque un râle dans ses dernières années. Dennis Wilson est mort noyé en 1983...

2 commentaires:

Ève-Marie a dit...

Décidément, tu es un sacré photographe! J'adore les photos avec Pan. Entre deux couches et deux tétée, ça fait du bien de rire. Proserpe a bien aimé aussi...

losfeld a dit...

Heureux de voir que tu postes plus souvent et que tes écrits avancent. J'ai honte mais je n'ai pas encore pris le temps d'aller dans une librairie qui ait tes livres à la vente, mais je le ferai! Je n'ai pas encore lu ce Héléna qui est l'un des meilleurs semble-t-il... J'avais oublié que 10/18 avait réédité qqes Héléna, du temps où ils prenaient encore des risques... Pourquoi j'ai l'impression de parler comme un vieux con avant même d'avoir atteint la trentaine... Tant que j'y suis je ne sais pas si tu as eu des nouvelles de C.Bier mais je crois bel et bien que son F.Evrard sur Héléna est introuvable à jamais... d'ailleurs je l'ai vue en vente à....100 EUROS sur un stand de bouquiniste, d'ailleurs Bier était là ce jour-là mais je n'ai pas osé l'emmerder... Sur ce, à plus l'artiste!